L’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba a rejeté sa condamnation à 10 ans de travaux forcés dans l’affaire FRIVAO.
Dans une lettre manuscrite datée du 20 septembre 2026 et adressée au peuple congolais et aux peuples d’Afrique, il qualifie son procès d’« expéditif » et affirme que sa condamnation est politique.
La Cour de cassation l’a condamné, le 18 septembre, à 10 ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics dans le dossier lié à la gestion des fonds du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, FRIVAO.
Son coaccusé, Chançard Bolukola, a été condamné à 7 ans de travaux forcés. Les deux hommes ont également été privés, pendant cinq ans, de leurs droits de vote et d’éligibilité et exclus de certaines fonctions publiques.
Dans sa lettre, Constant Mutamba affirme que son procès s’est déroulé sur deux jours, sans témoin et sans preuve de détournement présentée, selon lui.
Il estime que cette condamnation serait la suite d’un complot politico-judiciaire commencé en avril 2025.
L’ancien ministre conteste également les accusations concernant plusieurs montants au cœur du dossier FRIVAO.
Il affirme notamment que les 14 millions de dollars américains n’ont jamais été décaissés et que les 4 millions de dollars destinés à l’ICCN sont gérés par cette institution pour la réhabilitation du zoo de Kisangani.
« Les 14 millions US n’ont jamais été décaissés. Les 4 millions de l’ICCN sont gérés par ce dernier pour la réhabilitation du zoo Kis, dont les travaux sont en cours », affirme-t-il.
Constant Mutamba rejette aussi l’accusation portant sur les prétendus 20 millions de dollars. Selon lui, les opérations concernées ont été réalisées par le FRIVAO, qu’il présente comme un établissement public autonome.
« Les prétendus 20 millions US n’ont jamais été détournés. Et le ministre de la Justice n’est pas gestionnaire de ce fonds FRIVAO », écrit-il.
Il accuse par ailleurs certains collaborateurs du chef de l’État d’utiliser les institutions publiques et la justice pour ternir son image. Il affirme que des ambitions présidentielles lui auraient été attribuées alors qu’il ne les aurait pas exprimées.
« Ils utilisent la justice, les institutions et moyens de l’État pour me salir et ternir mon image dans l’opinion, à travers des dossiers judiciaires montés sans preuve matérielle de détournement de fonds publics », soutient-il.
Dans sa lettre, Constant Mutamba critique aussi la décision judiciaire en la comparant à d’autres périodes historiques.
L’ancien ministre affirme enfin que sa condamnation aurait pour objectif de l’écarter de la vie politique.
Il dit compter sur sa foi et sur le soutien de ses proches.
Constant Mutamba appelle ensuite ses partisans à poursuivre la mobilisation contre ce qu’il qualifie de « système mafieux ».
Il termine sa lettre par un appel à la résistance, en citant plusieurs personnalités historiques ayant connu la prison, dont Nelson Mandela, Patrice Lumumba, Étienne Tshisekedi, Thomas Sankara, Fidel Castro, Luiz Inácio Lula da Silva, Jomo Kenyatta, Robert Mugabe, Simon Kimbangu et Mahatma Gandhi.







