Les prestataires de soins dans la riposte contre Ebola, de la Communication, Relèvement et Engagement communautaire (CREC), ont déclenché un mouvement de grève ce lundi 21 septembre 2026. Ils dénoncent des arriérés de primes et de salaires de quatre mois.
Ils ont allumé un feu devant le bureau de la coordination zonale de la riposte à Beni et placardé des affiches sur la clôture du BCZ Ebola. On pouvait y lire :
« Trop, c’est trop ! 4 mois sans paiement des membres du pilier CREC, c’est inhumain. Nous exigeons le départ sans délai de l’Incident Manager Ebola Nord-Kivu. »
Un second écriteau, plus direct : « IM atoke kwanza » — qu’il parte d’abord.
Malgré plusieurs démarches auprès de la coordination, leurs primes restent impayées. Les éléments de la police sont intervenus pour étouffer la manifestation. Les prestataires maintiennent leur grève.
« Nous sommes en première ligne, on sensibilise dans les quartiers où on nous insulte, on risque d’être contaminés, mais depuis 4 mois, on nous dit demain, demain. On ne peut plus nourrir nos familles. Trop, c’est trop », confie sous anonymat l’un des manifestants du pilier CREC.
La coordination Ebola Nord-Kivu ne s’est pas encore exprimée. Cette paralysie du pilier CREC, Communication des Risques et Engagement Communautaire, est un coup dur pour la riposte à Beni, épicentre historique d’Ebola.
Sans les communicateurs, les psychosociaux et les relais communautaires, c’est tout le travail de sensibilisation, de suivi des contacts, de négociation des enterrements dignes et sécurisés et de lutte contre la désinformation qui s’arrête.
Dans une zone où la méfiance communautaire reste forte et où chaque rumeur peut relancer la chaîne de transmission, les autorités sanitaires craignent une résurgence. À Beni, on sait qu’Ebola ne tue pas seulement avec le virus : il tue aussi quand la communication s’arrête.







