La riposte contre la maladie à virus Ebola en Ituri fait face à un nouveau défi. Les hygiénistes du Centre de traitement Ebola (CTE) de l’hôpital CME de Bunia ont suspendu leurs activités depuis le mercredi 8 juillet afin d’exiger le paiement de plus d’un mois d’arriérés de salaires.
Ces agents assurent des tâches essentielles au sein du centre, notamment la désinfection des locaux, la gestion des déchets biomédicaux infectieux et la sécurisation de l’environnement hospitalier afin de prévenir toute propagation du virus.
Selon une source sanitaire ayant requis l’anonymat, leur absence constitue un risque majeur pour le fonctionnement du CTE.
« Ce sont eux qui protègent les malades, le personnel soignant et toute la communauté contre la contamination. Sans eux, le centre devient une véritable bombe sanitaire », a confié cette source.
Cette cessation de travail intervient alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour maîtriser l’épidémie d’Ebola, qui touche encore plusieurs zones de santé de la province de l’Ituri.
Réagissant à cette situation, Jacob Asimwe Matali, acteur politique de l’opposition républicaine, s’est dit préoccupé par les conséquences de cette grève sur la riposte.
« Cette situation est inacceptable. Elle risque de compromettre tous les efforts que nous déployons depuis des semaines pour contenir l’épidémie », a-t-il déclaré dans une communication rendue publique ce jeudi.
Il a appelé les autorités à garantir de meilleures conditions de travail aux agents de santé engagés dans la lutte contre Ebola.
« La santé de la population ne doit jamais être compromise par des retards de paiement. La lutte contre Ebola exige des actes concrets, du respect envers les agents de santé et une gestion responsable des ressources humaines », a-t-il ajouté.
Jacob Asimwe Matali invite le gouvernement provincial ainsi que les partenaires impliqués dans la riposte à procéder, sans délai, au paiement des salaires des hygiénistes afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire.
Cette grève intervient quelques jours seulement après celle des équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés (EDS), qui avaient également suspendu leurs activités pour dénoncer des retards de paiement.
En l’espace de quelques jours, deux composantes essentielles de la riposte ont ainsi cessé le travail, faisant craindre un affaiblissement du dispositif de lutte contre Ebola en Ituri si des solutions rapides ne sont pas trouvées.

