Les prestataires de santé engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola à l’hôpital de Rwampara, près de Bunia, ont déclenché un mouvement de grève pour réclamer le paiement de leurs primes.
Cette situation intervient alors que d’importants financements destinés à soutenir la lutte contre l’épidémie ont été annoncés par le gouvernement congolais et plusieurs partenaires internationaux.
Selon les grévistes, plusieurs mois d’arriérés de paiement demeurent impayés malgré leur engagement quotidien dans la prise en charge des malades et les activités de surveillance sanitaire.
Leur mouvement soulève des inquiétudes quant à la continuité des services dans un contexte où la province de l’Ituri fait face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola.
Cette grève relance également le débat sur la gestion des fonds mobilisés pour la riposte. Ces dernières semaines, le président de la République, Félix Tshisekedi, a annoncé le déblocage de 50 millions de dollars américains par le gouvernement central.
La Banque mondiale a, pour sa part, confirmé un financement de 46 millions de dollars destiné à appuyer les interventions dans les zones de santé affectées. D’autres partenaires avaient déjà indiqué avoir mobilisé plus de 25 millions de dollars pour les premières opérations d’urgence.
Face à cette situation, plusieurs observateurs s’interrogent sur les raisons qui expliquent les retards de paiement des équipes de première ligne alors que des ressources importantes sont censées être disponibles pour soutenir la riposte.
Ils estiment que les agents de santé, qui travaillent parfois au péril de leur vie, devraient bénéficier d’une prise en charge régulière afin de garantir l’efficacité des interventions.
L’acteur politique Luc Malembe rappelle avoir alerté les autorités sur les difficultés financières et logistiques rencontrées par les équipes de riposte.
Selon lui, les revendications exprimées par les prestataires de santé confirment les préoccupations déjà soulevées sur le terrain.
Alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la propagation du virus, les appels se multiplient en faveur d’une régularisation rapide des paiements afin d’éviter que cette crise sociale ne compromette davantage la lutte contre Ebola en Ituri.

