Les activités socio-économiques sont paralysées depuis le matin de ce mercredi 2 avril 2025 dans plusieurs points chauds de la ville de Beni, au Nord-Kivu. C’est une réponse à l’appel des journées ville morte décrétées par les mouvements citoyens et le parlement des jeunes pour dire “non au retrait” des troupes ougandaises de Lubero.
Au centre commercial de Matonge et au marché central de Kilokwa, les boutiques, magasins, officines pharmaceutiques et plusieurs autres maisons de commerce sont fermés.
Cependant, de nombreux commerçants et boutiquiers déclarent ne pas être informés de la journée ville morte. Selon eux, ils ont cessé leurs activités pour éviter que leurs biens soient incendiés par les manifestants.
“Nous sommes arrivés en ville et avons été surpris qu’il n’y ait pas de mouvement habituel. Nous avons fermé parce que les autres ont aussi fermé leurs portes. Je risque d’ouvrir et de voir mes biens emportés par les manifestants”, déclare un revendeur sous couvert d’anonymat.
“Aujourd’hui, on ne trouve rien parce qu’on a constaté un mouvement de grève, avec du feu allumé par-ci par-là. Quand on demande aux passants, ils disent que c’est à cause de l’UPDF”, ajoute Philémon Kinzanzalo, un commerçant à Matonge.

La synergie des mouvements citoyens, des groupes de pression et le parlement des jeunes de Beni ont annoncé deux journées sans activités, ce mercredi et demain jeudi, pour protester contre le départ des militaires ougandais du territoire de Lubero.
À Butembo, une journée sans activités a été observée le mardi 1er avril en protestation contre le départ des troupes ougandaises, suscitant des craintes d’une éventuelle avancée du M23 vers la ville. Le maire de Butembo a appelé la population au calme, affirmant que les forces ougandaises ne quitteraient pas la région, contrairement aux rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux.
Les soldats de l’armée ougandaise sont déployés depuis 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri dans le cadre des opérations conjointes FARDC-UPDF pour traquer les groupes armés dans cette partie orientale de la RDC.












