Boutiques et magasins restent fermés ce lundi 14 septembre 2026 dans la ville de Beni, au Nord-Kivu.
La société civile avait appelé à une journée sans activités pour dénoncer les tueries d’un couple, le week-end, en plein cœur de la ville de Beni. Suite à cette situation, la ville tourne au ralenti.
Ce lundi, l’enterrement du couple Muhongya et d’un motard aura lieu à Beni, où les proches des victimes accompagneront les défunts à leur dernière demeure.
Jusqu’à 10 heures locales, les activités économiques au centre commercial de Matongé, au marché central de Kilokwa et dans plusieurs points chauds de la ville sont paralysées. Des officines pharmaceutiques sont également fermées. La circulation des taxis est quasiment inexistante.
Cette paralysie fait suite à une journée ville morte décrétée par la coordination urbaine de la société civile, forces vives, par le biais de son président urbain, Me Pépin Kavota.
L’action vise à rendre hommage aux victimes du triple assassinat commis la semaine dernière à Butanuka, dans la commune de Beu, dont l’inhumation est prévue ce lundi.
Trois victimes, dont un couple de cambistes
Pour rappel, les victimes sont : Mumbere Muhongya Kalepa, cambiste de son état, son épouse Kavira Mutsuva, et Pascal Kidongo Chicko, conducteur de moto qui s’est retrouvé « au mauvais endroit au mauvais moment », selon les sources locales.
Dans son communiqué du 11 septembre, la société civile indique que, par cet acte criminel, la ville de Beni vient de franchir la ligne rouge des assassinats ciblés. Cela mérite une attention très particulière de toutes les autorités compétentes ainsi que de toute la population.
À cet effet, la coordination urbaine demande à la population de Beni de se mobiliser pour accompagner la couche des échangeurs de monnaie et toutes les familles des victimes, en observant une journée ville morte, comme signe de compassion.
La société civile forces vives exige des autorités la prise en charge totale des deuils, y compris l’organisation de funérailles dignes pour toutes les victimes.
Ce triple assassinat n’est pas un cas isolé. Il illustre la recrudescence inquiétante de la criminalité urbaine à Beni.
Si les attaques des ADF dans les périphéries restent la menace la plus médiatisée, les habitants des communes de Beu, Ruwenzori, Bungulu et Mulekera font face à une autre guerre : celle des bandits armés qui opèrent la nuit dans la ville.
Cambistes, opérateurs économiques et conducteurs de moto sont devenus des cibles privilégiées.
Cette journée ville morte est aussi un cri d’alarme. La population réclame plus que des condoléances : elle exige des enquêtes abouties, des patrouilles dissuasives et la fin de l’impunité qui transforme Beni en ville où l’on peut tuer pour quelques dollars.







