Des organisations de la société civile congolaise demandent aux autorités américaines d’ouvrir une enquête indépendante sur un transfert signalé de 17,6 millions de dollars provenant d’un compte lié au gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) vers une entreprise américaine de défense et de sécurité basée au Texas.
Cette demande figure dans une lettre ouverte datée du 26 octobre 2026 et adressée notamment au ministère américain de la Justice, au FBI et au FinCEN.
Dans cette correspondance, les organisations signataires souhaitent obtenir des éclaircissements sur l’origine, l’autorisation et la destination de ces fonds.
Elles s’interrogent également sur le lien entre cette transaction et un don contesté de 5,6 millions de dollars qui aurait été destiné au Kennedy Center, une institution culturelle américaine.
Selon les informations du New York Times et d’Axios citées dans la lettre, les 17,6 millions de dollars auraient été transférés en mai 2025 à Texas Armament & Technology dans le cadre d’un accord commercial avec la RDC.
Une partie de cette somme, soit 5,6 millions de dollars, aurait été destinée au Kennedy Center, sans que l’institution ait confirmé avoir reçu cet argent.
Cette affaire implique notamment Richard Grenell, ancien responsable du Kennedy Center, Alina Habba Mildon, ancienne avocate personnelle de Donald Trump, ainsi que l’homme d’affaires turc Turhan Mildon.
Les organisations signataires souhaitent également connaître les responsables congolais qui auraient autorisé ou facilité cette opération, ainsi que le rôle éventuel de la présidence, du ministère des Finances et d’autres institutions publiques.
Par ailleurs, les organisations font référence à une enquête menée en Belgique sur des soupçons de blanchiment d’argent liés aux revenus miniers congolais.
Selon Reuters, des perquisitions ont été effectuées le 14 octobre 2026 dans ce cadre. Elles précisent toutefois qu’aucun lien direct entre cette affaire et le transfert de 17,6 millions de dollars n’a été établi.
Les signataires précisent ne pas présumer de la culpabilité des personnes ou des institutions citées. Ils souhaitent que les faits soient établis à travers une enquête indépendante et que les responsabilités éventuelles soient déterminées sur la base des preuves.
« Le peuple congolais a droit à la redevabilité dans la gestion de sa richesse nationale », rappellent-ils dans leur lettre, en appelant les autorités américaines à examiner cette affaire et à leur indiquer les procédures permettant de transmettre des documents et des éléments de preuve supplémentaires.







