La gestion des finances publiques du Haut-Katanga fait l’objet de nouvelles interrogations. Dans un mémorandum conjoint daté du 11 septembre 2026, l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) et Justicia ASBL, deux organisations de la société civile, demandent l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la gestion financière de la province pour la période allant de 2020 à 2026.
Les deux organisations de défense des droits humains ont saisi le procureur général près la Cour d’appel du Haut-Katanga, sollicitant notamment une expertise financière approfondie des comptes du gouvernement provincial.
Dans leur démarche, l’IRDH et Justicia évoquent plusieurs opérations qu’elles considèrent comme nécessitant des vérifications judiciaires, en raison de soupçons portant notamment sur l’utilisation de fonds publics.
Parmi les dossiers cités figure la construction de la route Kipopo-Tshamalale, longue de 3,7 kilomètres, dont seulement deux kilomètres auraient été réalisés, selon les deux organisations.
Elles évoquent également le paiement de 1,52 million de dollars américains pour des travaux routiers sur une distance de 19 kilomètres dans le groupement Inakiluba, dans le territoire de Kipushi. Selon leur mémorandum, aucun travail n’aurait été constaté sur le terrain.
Autre point soulevé : le décaissement de plus de 240 000 dollars américains destiné au forage de douze puits d’eau à Kashimbala et Kasapa. L’IRDH et Justicia demandent que des vérifications permettent notamment de déterminer l’existence effective des ouvrages ainsi que leur coût réel.
Les deux organisations attirent également l’attention de la justice sur un transfert de 5 millions de dollars américains à Fish Eagle Limited, société présentée dans leur mémorandum comme étant basée aux Seychelles. Elles souhaitent que la destination et la justification de cette opération soient établies.
Le financement destiné à l’achèvement du pont reliant les communes de Katuba et Annexe, à Lubumbashi, fait également partie des opérations pour lesquelles les organisations demandent des vérifications, notamment concernant les fonds libérés en juin 2026.
Pour l’IRDH et Justicia, ces différents éléments ne constituent pas une liste exhaustive. Les organisations estiment qu’une enquête judiciaire et une expertise financière sont nécessaires pour déterminer la réalité des faits dénoncés, identifier d’éventuelles responsabilités et établir avec précision l’utilisation des ressources publiques.
Les deux structures insistent toutefois sur un point important : les accusations évoquées dans leur mémorandum ne préjugent pas de la culpabilité des personnes éventuellement concernées.
La balle est désormais dans le camp de la justice, appelée à vérifier les allégations, à confronter les documents aux réalisations constatées sur le terrain et, le cas échéant, à établir les responsabilités conformément à la loi.
Cette démarche de l’IRDH et de Justicia relance ainsi le débat sur la transparence, la redevabilité et la gestion des finances publiques dans la province du Haut-Katanga.







