Plusieurs membres de la Chambre des représentants américaine ont demandé des explications à l’administration de Donald Trump sur les accords conclus avec plusieurs pays concernant les minerais critiques, faisant part de leurs inquiétudes sur la transparence, les droits humains, l’environnement et le contrôle du Congrès, notamment concernant le partenariat stratégique avec la République démocratique du Congo (RDC).
Dans une lettre adressée à l’ambassadeur américain au Commerce Jamieson Greer et aux secrétaires d’État Marco Rubio, au Commerce Howard Lutnick et au Trésor Scott Bessent, les élus affirment que plusieurs des récents accords sur les minerais critiques « soulèvent des préoccupations concernant la transparence, le travail et les droits humains, les protections environnementales et un contrôle insuffisant du Congrès ».
Les parlementaires reviennent notamment sur le Strategic Partnership Agreement (SPA) conclu entre Washington et Kinshasa le 4 décembre 2025. Cet accord prévoit notamment un mécanisme de réserve d’actifs stratégiques donnant aux entreprises américaines un droit de première offre sur certains projets miniers.
« Nous avons été alarmés d’apprendre que l’administration Trump a depuis signé un “Strategic Partnership Agreement” avec la RDC qui prévoit des changements importants de la Constitution congolaise et accorde aux entreprises américaines un “droit de première offre” sur les concessions minières », écrivent les élus.
Ils estiment que cet accord « a ouvert la voie à des entreprises minières étrangères pour extraire les richesses minérales de la RDC dans un contexte de conflit violent », alors que, selon eux, « les violences de masse et les violations des droits humains se poursuivent ».
Les membres du Congrès demandent à l’administration américaine de préciser les garanties qu’elle entend imposer aux projets miniers soutenus par Washington.
« L’administration Trump inclura-t-elle des normes contraignantes et des mécanismes d’application pour protéger l’environnement, les communautés et l’ensemble des droits du travail reconnus internationalement ? », interrogent-ils, demandant également comment le respect de ces normes sera « mesuré, vérifié et rapporté ».
Les élus demandent par ailleurs quelles mesures sont prévues pour garantir que les dispositifs de sécurité soutenus par les États-Unis en RDC respectent les droits humains et les droits des travailleurs.
La lettre s’intéresse également aux financements susceptibles d’être mobilisés par la Development Finance Corporation (DFC) et l’Export-Import Bank pour les projets miniers.
« Quelles garanties spécifiques sont en place pour s’assurer que les garanties financées par les contribuables américains ne favorisent pas des projets miniers outre-mer excessivement risqués ou ne bénéficient pas injustement à certaines entreprises, certains investisseurs ou certains intérêts politiques ? », demandent les parlementaires.
Ils souhaitent également connaître les mécanismes prévus pour empêcher les conflits d’intérêts, l’auto-favoritisme ou les traitements préférentiels dans le cadre d’éventuelles prises de participation du gouvernement américain dans des entreprises du secteur.
Les élus américains demandent enfin à l’administration Trump de veiller à ce que les pays producteurs ne restent pas cantonnés à l’extraction de leurs ressources.
« Comment l’administration s’assure-t-elle que sa stratégie sur les minerais critiques ne limite pas les pays partenaires à des rôles extractifs, mais soutient au contraire leur capacité à développer des capacités de transformation et de fabrication à valeur ajoutée ? », écrivent-ils.
Cette demande intervient alors que l’accord américano-congolais prévoit précisément de promouvoir des projets d’industrialisation et de transformation locale des minerais, tout en accordant aux entreprises américaines un accès préférentiel à certains projets stratégiques.
Au total, les parlementaires formulent dix séries de questions portant notamment sur les normes environnementales et sociales, les droits humains, les financements publics américains, le recyclage des minerais, les prises de participation de l’État, les mécanismes de soutien aux prix, les risques de participation d’entreprises chinoises et l’exploitation minière en eaux profondes.
Ils demandent à l’administration de fournir des réponses sur ces différents points, dans le cadre d’un appel à davantage de transparence et de contrôle parlementaire sur la politique américaine d’accès aux minerais critiques.
La RDC, qui dispose notamment d’importantes ressources en cobalt et en cuivre, occupe une place centrale dans la stratégie américaine visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et à réduire la dépendance à la Chine.
Le partenariat signé avec Kinshasa prévoit notamment une réserve d’actifs stratégiques et un droit de première offre pour les entreprises américaines sur les projets concernés.






