Au moins 43 cas suspects de cancer du col de l’utérus ont été détectés dans trois zones de santé du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. C’était à l’issue d’une campagne de dépistage organisée dans le cadre du mois d’Octobre Rose.
Une révélation qui relance le débat sur la prévention des cancers féminins dans l’Est de la RDC.
L’information est contenue dans un rapport du Bureau central de la zone de santé (BCZ) de Bunyakiri, publié à l’occasion de la clôture du mois d’Octobre Rose, organisée le samedi 31 octobre 2026.
Cette campagne a été menée conjointement par les équipes médicales de la zone de santé et le Club U-Report Filles, une initiative communautaire engagée dans la promotion de la santé des jeunes.
Pendant plusieurs jours, des femmes du territoire de Kalehe, en particulier celles de Bunyakiri, ont bénéficié d’un dépistage gratuit par inspection visuelle et de séances de sensibilisation.
« C’était en marge du mois d’Octobre Rose, dédié à la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus.
Notre objectif était de rapprocher le dépistage des femmes qui n’ont pas accès aux structures spécialisées », a affirmé Simon Miona, coordonnateur du Club U-Report Filles.
Selon le rapport, sur les centaines de femmes consultées, 43 ont présenté des lésions suspectes nécessitant des examens approfondis.
Interrogé, le Dr Mariste Tirano, médecin-chef de zone, tempère et appelle à ne pas céder à la panique :
« Ce sont, à ce stade, des cas suspects. Ces femmes doivent impérativement passer des examens complémentaires, notamment la biopsie et le frottis, pour confirmer ou infirmer le diagnostic. »
Le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes en RDC.
Causé dans 99 % des cas par le papillomavirus humain (HPV), il évolue pendant des années sans symptômes. Lorsque les signes apparaissent (saignements, douleurs), la maladie peut déjà être à un stade avancé.
Le cancer du col de l’utérus peut être prévenu.
Deux moyens existent : la vaccination des jeunes filles de 9 à 14 ans contre le HPV et le dépistage régulier tous les trois ans pour les femmes de 25 à 49 ans. Une lésion précancéreuse détectée à temps peut être traitée efficacement.
Il ne faut pas avoir peur du dépistage. Se faire dépister, c’est se donner une chance de vivre. Le dépistage précoce sauve des vies.
Il est donc nécessaire de renforcer les centres de santé en matériel de dépistage, de rendre la vaccination contre le HPV gratuitement accessible et d’organiser des campagnes mobiles régulières dans les zones enclavées de Walikale et de Kalehe.







