Des représentants de la communauté tutsie banyamulenge de Minembwe et le collectif de la partie civile ont déposé, vendredi 14 août 2026, au Bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, une plainte concernant des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, d’« épuration ethnique » et de génocide qui auraient été commis contre des civils banyamulenge à Minembwe, dans l’est de la République démocratique du Congo.
La démarche, menée par des membres de la communauté et leurs avocats, intervient dans le cadre des commémorations du 13 août 2004, date de l’attaque contre le camp de réfugiés de Gatumba, au Burundi, qui avait fait plusieurs dizaines de morts parmi les réfugiés banyamulenge.
Les plaignants mettent en cause des responsables congolais. Selon le document transmis à la CPI, la communication demande que soit examinée la responsabilité alléguée du président congolais Félix Tshisekedi ainsi que de certains responsables politiques, militaires et administratifs.
Les auteurs du document affirment également que des groupes armés, notamment les Wazalendo, des milices Nyatura et les FDLR, auraient participé à certaines violences visant la population de Minembwe.
« La responsabilité du chef de l’État congolais et de certains membres de son entourage serait directement engagée », affirment les auteurs de la communication.
Des témoignages et documents transmis au procureur
La communication comprend, selon ses auteurs, des témoignages de victimes de bombardements à Minembwe, ainsi que des analyses, des photographies et des vidéos. Des listes de personnes présentées comme victimes de déplacements forcés, d’arrestations arbitraires, de tortures et de traitements inhumains auraient également été remises au Bureau du procureur.
Le collectif affirme souhaiter « l’ouverture rapide d’enquêtes », invoquant la gravité des faits allégués et leurs conséquences sur les populations civiles.
Des accusations également dirigées contre le Burundi
Le dossier demande par ailleurs que soit examinée la responsabilité alléguée des autorités burundaises, accusées par les plaignants d’avoir collaboré avec les autorités congolaises dans des opérations visant Minembwe. Les auteurs évoquent notamment un « blocus » et des restrictions ayant, selon eux, contribué à aggraver les conditions de vie de la population.
Parmi les personnalités visées par cette plainte figurent des membres de l’état-major ainsi que plusieurs personnalités politiques et militaires, dont M. Bitakwira et Sylvain Ekenge.






