La République du Rwanda a dénoncé dans un communiqué la décision des États-Unis de sanctionner des officiers de son armée. Kigali estime que cette mesure est injuste et partiale.
« Les sanctions imposées aujourd’hui par les États-Unis, qui ciblent injustement une seule partie au processus de paix, dénaturent la réalité et les faits du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Les attaques de drones et les offensives terrestres systématiques et aveugles menées par la RDC constituent des violations flagrantes des accords de cessez-le-feu et continuent de coûter de nombreuses vies. Protéger notre pays est un honneur dont les Forces de défense rwandaises sont très fières », a déclaré le gouvernement rwandais.
Kigali rappelle que la coalition de la RDC comprend des mercenaires étrangers, des milices ethniques extrémistes soutenues par l’État (Wazalendo) et la milice génocidaire des FDLR, qui combat aux côtés des FARDC.
« La RDC s’est engagée, dans le cadre des Accords de Washington, à mettre fin de manière irréversible et vérifiable à son soutien étatique aux FDLR et aux milices associées, mais n’a pris aucune mesure en ce sens. Le Rwanda est pleinement engagé à désengager ses forces, en même temps que la RDC s’acquitte de ses obligations », a renchéri le gouvernement rwandais.
Le Rwanda se félicite de la reprise du processus de mise en œuvre, notamment du Comité conjoint de surveillance, et reste déterminé à respecter tous les aspects des Accords de Washington, y compris le Cadre d’intégration économique régionale.
Sur son compte X, Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, a accusé la RDC de demeurer le principal soutien des FDLR, qui est une menace existentielle pour le Rwanda.
« Quels que soient les mensonges et les ressources investis dans la propagande pour détourner l’attention du soutien étatique apporté aux FDLR par la RDC, ce problème persistera. Malheureusement, les sanctions unilatérales ne font que conforter le gouvernement de la RDC dans son choix d’une solution militaire. Le résultat est celui que nous constatons aujourd’hui : prolongation du conflit, escalade de la violence, occasions manquées et, surtout, pertes de vies humaines », a déclaré Yolande Makolo.
Cette décision américaine intervient alors que les combats s’intensifient dans l’est de la RDC. L’armée congolaise, alliée à l’armée burundaise et aux milices locales Wazalendo, a intensifié des attaques par drones contre les positions de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu malgré le cessez-le-feu.

