Des attaques de drones attribuées à l’armée congolaise ont été signalées dimanche 24 mai 2026 à Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, ainsi qu’à Rubaya et dans plusieurs localités du Sud-Kivu, selon des sources locales et l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23).
Rumangabo, siège du Parc national des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, une frappe de drone a été enregistrée dans la zone dans la matinée, ont indiqué des sources locales.
Une source au sein de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) sous couvertd’anonymat, jointe par Kivu Morning Post, a confirmé l’attaque en évoquant « plusieurs dégâts » sur place.
Dans une déclaration publiée sur son compte X, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a accusé les forces gouvernementales d’avoir mené « un bombardement criminel et indiscriminé » contre Rumangabo.
« Ce dimanche 24 mai 2026 à 07h35, les forces coalisées du régime de Kinshasa ont procédé à un bombardement criminel et indiscriminé contre la zone densément peuplée de Rumangabo ainsi que le camp des éco-gardes du Parc national des Virunga, au moyen de drones de combat CH-4 », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette attaque « a causé des pertes en vies humaines, semé la terreur au sein de la population civile et provoqué d’importants dégâts matériels sur les habitations et les biens des populations innocentes ».
Le mouvement armé affirme également que d’autres frappes ont visé plusieurs localités des hauts plateaux du Sud-Kivu, notamment Kalingi, Bidegu, Gakenke, Rugezi, Kalonge et Mikenke, dans la région de Minembwe.
L’AFC/M23 affirme également que des attaques ont été signalées dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.
« Dans le territoire de Kalehe, ce même dimanche 24 mai 2026 à 03h00 du matin, les forces du régime de Kinshasa ont également lancé des attaques contre les zones habitées de Cyangungu et ses environs », a déclaré le porte-parole du mouvement.
L’AFC/M23 accuse les autorités congolaises de poursuivre « systématiquement des massacres de civils » malgré le contexte sanitaire de la résurgence d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le mouvement affirme par ailleurs qu’une autre frappe de drone avait déjà visé la cité minière de Rubaya dans la nuit de samedi à dimanche.
« Cette attaque barbare et préméditée a causé la mort de plusieurs civils innocents et provoqué d’importantes destructions de maisons ainsi que de biens appartenant à la population », a déclaré Lawrence Kanyuka au sujet du bombardement de Rubaya.
Les autorités congolaises n’avaient pas réagi à ces accusations. Depuis janvier, l’armée congolaise a multiplié des attaques par drones contre les zones sous contrôle de l’AFCM23 qui ont déjà fait plusieurs dégâts matériels et des morts parmi les civils.

