Le Bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) dénonce une « monstruosité juridique » et conteste la compétence du Conseil d’État.
Dans un communiqué publié le 2 novembre 2025, le PPRD rejette sa dissolution prononcée vendredi 30 octobre par le Conseil d’État.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette décision, dont nous contestons la légalité et la portée politique. Les articles 6 et 8 de la Constitution garantissent le pluralisme politique et les droits de l’opposition, des piliers fondamentaux de notre pacte républicain. Sur quel fondement juridique le Conseil d’État s’arroge-t-il le pouvoir de dissoudre un parti politique ? », a déclaré le PPRD dans son communiqué.
Les cadres du PPRD précisent que la dissolution de leur parti n’est pas un acte isolé, mais un épisode du « coup d’État permanent » en cours dans le pays depuis la fin de l’année 2019.
« Elle s’inscrit ainsi dans une succession de coups de force institutionnels : la nomination illégale des juges de la Cour constitutionnelle en 2020 ; le renversement de la majorité parlementaire, en cours de mandat et sans nouvelles élections, la même année ; les élections chaotiques de 2023 », a martelé le PPRD.
Le PPRD exige la cessation des mesures répressives contre l’opposition, la levée des suspensions frappant les douze autres partis politiques et la libération des personnes qu’il considère comme arbitrairement détenues, notamment Aubin MINAKU Ndjalandjoko, Emmanuel Ramazani SHADARY, Dunia KILANGA, Onassis KAVUL, Parole KAMIZELO et tous les autres détenus politiques.
Dans cette déclaration, signée notamment par Henri Mova Sakanyi, André Kimbuta, Richard Muyej, Nehemie Mwilanya, Francine Muyumba et François Nzekuye, le PPRD appelle également l’ONU, l’UA et la SADC à ne pas « cautionner » un troisième mandat présidentiel.
« Prennent solennellement à témoin les Nations unies, l’Union africaine, la SADC, l’EAC, la CEEAC, la CIRGL, l’Union européenne et l’ensemble des partenaires de la RDC sur cette atteinte au pluralisme politique. Ils les appellent à exiger le respect des droits de l’opposition et à ne pas cautionner, par leur silence, un troisième mandat inconstitutionnel, la non-tenue des élections et la disparition progressive des contre-pouvoirs, se rendant ainsi complices de la tyrannie », ont renchéri les hauts cadres du PPRD dans leur communiqué.
Cette déclaration intervient quelques jours après la dissolution du PPRD par le Conseil d’État. Pour l’heure, le pouvoir de Kinshasa n’a pas encore réagi à cette déclaration.







