Le cardinal Fridolin Ambongo a lancé un appel pressant à la reprise d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo, dénonçant les préalables et les exclusions qui en paralysent le processus.
À Assise, en Italie, l’archevêque de Kinshasa a également mis en garde contre l’illusion d’une paix obtenue par la seule force militaire, alors que la guerre se poursuit dans l’est du pays.
Son intervention intervient dans un contexte politique marqué par les tensions autour de l’opposition, dont les principaux dirigeants de la C64 se retrouvent à Rome.
Lors de la rencontre interreligieuse organisée par la Communauté de Sant’Egidio, lundi 26 octobre, sous le thème « La paix désarmée et désarmante », le cardinal Ambongo a regretté que les confessions religieuses, qui avaient accepté de contribuer au dialogue national, se heurtent désormais à des conditions préalables, à des lignes rouges et à des exclusions établies avant même l’ouverture de véritables discussions.
« Un dialogue qui exclut ceux avec qui l’on est en guerre n’est pas un dialogue : c’est un monologue », a-t-il déclaré, résumant les limites d’un processus qui, selon lui, ne saurait produire une paix durable s’il écarte certains des acteurs concernés par le conflit.
Le prélat a appelé les dirigeants congolais et ceux de la région des Grands Lacs à rouvrir la voie du dialogue « sans exclusions ». Un message qui dépasse les seuls enjeux institutionnels de Kinshasa : il renvoie également à la recherche d’une issue politique aux violences qui ravagent l’est de la RDC, où les opérations militaires ne suffisent pas, à elles seules, à garantir une stabilisation durable.
Ouverte dimanche 25 octobre à Assise, la rencontre interreligieuse de Sant’Egidio s’inscrit dans le prolongement de la journée de prière pour la paix voulue par le pape Jean-Paul II, quarante ans plus tôt.
La messe d’ouverture a été présidée par le cardinal Ambongo. À cette occasion, le président de la Communauté de Sant’Egidio a également rendu hommage à la République démocratique du Congo, en évoquant le bienheureux Floribert Bwana Chui, figure congolaise associée à l’engagement pour l’intégrité et la justice.
Cette interpellation morale trouve un écho particulier à Rome, où les cinq principaux dirigeants de la Coalition pour le respect de l’article 64 de la Constitution (C64) ont entamé, lundi, leur première réunion en présentiel depuis la création de la plateforme. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund se penchent sur la crise politique et sécuritaire congolaise, avec l’objectif d’harmoniser leurs positions sur plusieurs dossiers majeurs.







