Les avocats de l’humanitaire congolais Benjamin Babunga Watuna, détenu depuis mai au Burundi, ont saisi le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, dénonçant son maintien en détention malgré deux décisions de justice ordonnant sa mise en liberté provisoire, selon un communiqué de sa défense consulté jeudi par Kivu Morning Post.
Arrêté le 26 mai à Bujumbura, Benjamin Babunga est poursuivi, selon sa défense et Amnesty International, pour des faits présumés d’espionnage, de terrorisme et d’atteinte à la sûreté nationale. Amnesty International, qui a demandé sa libération, affirme également qu’il est détenu malgré deux décisions judiciaires lui accordant une mise en liberté sous caution.
« Le dossier contient uniquement une photo datant de 2023 prise lors d’un voyage en France avec des amis », affirment les avocats Bernard Maingain, inscrit au barreau de Bruxelles, et Armel Niyongere, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, dans leur communiqué daté du 7 octobre à Bruxelles.
Selon la défense, le Tribunal de grande instance de Mukaza a ordonné une première fois la mise en liberté provisoire de Benjamin Babunga le 15 juillet 2026. Une seconde décision, rendue en appel par la Cour d’appel de Mukaza siégeant en chambre du conseil, est intervenue le 5 août, sans que ces décisions n’aient, selon les avocats, entraîné sa libération.
« Nonobstant ces décisions de justice motivées et précises, Monsieur Babunga est maintenu en détention », déplorent les avocats, qui demandent au Groupe de travail de l’ONU d’examiner la situation de leur client.
Amnesty International avait déjà appelé, fin septembre, les autorités burundaises à libérer immédiatement Benjamin Babunga, qualifiant sa détention d’arbitraire. L’organisation indique qu’il avait d’abord été détenu par le Service national de renseignement (SNR), sans accès à un avocat, avant d’être transféré à la prison de Mpimba onze jours plus tard.
Dans leur communiqué, Me Maingain et Me Niyongere appellent également les bailleurs de fonds du Burundi à intervenir afin que la situation prenne fin et invitent les personnes engagées en faveur de l’État de droit dans la région des Grands Lacs à soutenir leur démarche auprès des Nations unies.







