Le Consortium international pour les droits humains au Congo (CIDHC) a demandé lundi 28 septembre 2026 aux autorités congolaises de clarifier les motifs et le cadre légal de la détention de Corneille Yobeluo Bakaato.
Il s’agit d’un étudiant congolais de 22 ans présenté comme le neveu de Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23.
Dans un communiqué publié lundi, l’organisation de défense des droits humains affirme que le jeune homme a été arrêté fin juillet dans la région d’Aru, en Ituri, avant d’être détenu à Bunia puis transféré à Kinshasa.
Selon sa famille, Corneille Yobeluo Bakaato est détenu par la Direction des renseignements militaires (DEMIAP) depuis le 25 septembre.
Le CIDHC se dit particulièrement préoccupé par les informations selon lesquelles la détention pourrait être liée au lien familial entre le jeune homme et Corneille Nangaa.
« Nul ne peut être arrêté, détenu ou poursuivi pour les actes présumés d’un membre de sa famille. La responsabilité pénale est individuelle. Un État de droit ne peut transformer les liens familiaux en une responsabilité pénale collective », affirme l’organisation dans son communiqué.
Le consortium demande que, si les services de renseignement disposent d’éléments établissant une infraction personnellement imputable à Corneille Yobeluo Bakaato, ceux-ci soient présentés devant les autorités judiciaires compétentes et que l’intéressé puisse exercer ses droits de la défense.
« Mais maintenir pendant des semaines un jeune étudiant en détention sans exposer publiquement le fondement légal de cette privation de liberté constitue une situation extrêmement préoccupante au regard des droits humains et des principes élémentaires de l’État de droit », estime le CIDHC.
L’organisation demande aux autorités de clarifier immédiatement les motifs de l’arrestation et du maintien en détention ainsi que le statut judiciaire du jeune homme.
Elle réclame également sa présentation devant l’autorité judiciaire compétente et sa libération si aucune charge légalement établie ne justifie sa privation de liberté.
« Les services de renseignement ne sont pas au-dessus de la loi », rappelle le CIDHC, qui appelle l’Agence nationale de renseignements (ANR), la DEMIAP et les autorités civiles et militaires concernées à respecter la Constitution, les lois congolaises et les engagements internationaux de la RDC en matière de droits humains.
Le consortium demande par ailleurs au Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) de vérifier le lieu exact de détention de Corneille Yobeluo Bakaato, ses conditions de détention ainsi que les circonstances de son arrestation présumée et de son transfert à Kinshasa.
Il souhaite également que soit vérifiée l’existence d’une procédure judiciaire et le fondement légal de sa détention.
Le CIDHC demande enfin que le dossier soit porté à l’attention des mécanismes compétents des Nations unies à Genève, notamment le Groupe de travail sur la détention arbitraire.
« Un nom de famille n’est pas une infraction. Une parenté n’est pas une charge pénale. Et la liberté d’un citoyen ne peut être sacrifiée sur l’autel des soupçons ou des appartenances familiales », conclut l’organisation.
Pour rappel, Corneille Yobeluo Bakaato est présenté par sa famille comme un étudiant et pilote en formation ayant séjourné aux Émirats arabes unis. Des informations publiées lundi indiquent qu’il était inscrit dans un établissement de formation aéronautique à Dubaï.
Les circonstances précises de son arrestation et les faits qui pourraient lui être reprochés restent, à ce stade, non établis publiquement.






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