L’Alliance Fleuve Congo (AFC)-M23 a rejeté, mardi 22 septembre 2026, les accusations formulées par Amnesty International dans un rapport publié la veille, l’accusant d’atteintes aux droits humains dans des sites miniers situés dans les zones sous son contrôle.
Dans une « mise au point » datée du 22 septembre, l’AFC-M23 « rejette formellement et dans leur ensemble » les accusations formulées dans le rapport d’Amnesty International, qu’elle juge « non établies et insuffisamment étayées ».
L’AFC-M23 affirme que ces allégations ne sont pas étayées par des preuves, ne seraient pas démontrables sur le terrain et ne correspondraient pas à la réalité.
« Des accusations aussi graves que celles relatives à des exécutions sommaires, à la torture, au travail forcé, au recrutement forcé, au pillage ou au trafic de minerais ne sauraient être considérées comme juridiquement établies par le seul fait qu’elles figurent dans un rapport d’une organisation internationale », écrit le mouvement dans une mise au point signée par Bertrand Bisimwa, coordonnateur de l’AFC-M23.
L’AFC-M23 estime que la gravité des faits allégués impose une vérification approfondie et demande que soient notamment établis, pour chaque accusation, la réalité matérielle des faits, leur date et leur lieu, l’identité des auteurs présumés ainsi que leur éventuelle appartenance à l’AFC-M23 et leur lien avec une chaîne de commandement.
« Une accusation ne constitue pas, à elle seule, une preuve », affirme le mouvement.

Il invite Amnesty International à transmettre aux mécanismes compétents et indépendants les éléments matériels sur lesquels elle fonde ses accusations, dans le respect de la protection des victimes et des témoins.
L’AFC-M23 affirme que l’existence d’un circuit transfrontalier de minerais ne suffit pas à établir la responsabilité d’un individu, d’une organisation ou d’un État.
« La circulation d’un minerai entre plusieurs zones géographiques ne permet pas, à elle seule, d’établir qui l’aurait extrait, acquis, transporté, vendu, financé ou exporté illicitement », affirme le mouvement.
L’AFC-M23 rejette également les éléments du rapport qu’elle considère comme susceptibles d’établir un lien entre certaines personnes présentes sur les sites miniers et le Rwanda.
Le mouvement estime que la nationalité, l’appartenance institutionnelle ou l’existence d’un éventuel lien de commandement avec un État doivent être établies sur la base d’éléments « objectifs et vérifiables ».
Il met notamment en garde contre toute assimilation entre la pratique du kinyarwanda et la nationalité rwandaise, rappelant que cette langue est parlée par plusieurs communautés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« S’autoriser à indiquer que certaines personnes interrogées se seraient identifiées comme Rwandaises ou auraient parlé kinyarwanda relève de la spéculation à tendance divisionniste », estime l’AFC-M23.
Bertrand Bisimwa indique que l’approche d’Amnesty International consistant à lier le kinyarwanda à la nationalité rwandaise est « très dangereuse » dans un contexte de forte sensibilité sécuritaire liée aux conflits communautaires.
Sur la qualification de « crimes de guerre » évoquée par Amnesty International, l’AFC-M23 affirme qu’elle ne peut découler automatiquement des accusations et qu’elle nécessite, selon elle, l’établissement préalable des faits et des éléments juridiques constitutifs des infractions concernées.
L’AFC-M23 considère les recommandations d’Amnesty International comme des prises de position politiques et économiques.
« S’il existe des preuves, qu’elles soient produites et examinées. À défaut, des allégations contestées ne devraient pas être présentées comme des faits définitivement établis », conclut le mouvement.






