Dix-sept prêtres de l’archidiocèse de Kananga ont publié une « mise au point » dans laquelle ils prennent leurs distances avec le message de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) du 19 juin 2026 sur le projet de révision de la Constitution.
Dans cette déclaration datée du 30 juin, les signataires estiment que le texte des évêques ne saurait être interprété comme une opposition juridique à une éventuelle révision constitutionnelle.
Les prêtres rappellent d’abord que le document de la CENCO relève de la liberté d’expression et ne revêt aucun caractère contraignant.
« La déclaration des évêques de la CENCO du 19 juin 2026 n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision, mais un message. En tant que tel, ce message n’empêche en rien un possible changement de la Constitution, ni l’expression du libre arbitre des citoyens », écrivent-ils.
S’appuyant sur les dispositions de la Constitution, les signataires affirment qu’une révision de la Loi fondamentale est prévue par le texte constitutionnel lui-même. Ils citent notamment l’article 218 et déclarent :
« En effet, nous soutenons un éventuel changement de la Constitution de 2006, le cas échéant, s’il suit tout moyen légal par lequel cela peut être possible. »
Les prêtres soulignent également que la prise de position de la CENCO s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression reconnue à tous les citoyens.
« Cette déclaration de la CENCO exprime plutôt la vitalité de l’expression démocratique valorisée dans notre pays. Dans toute démocratie, chaque citoyen a droit à la parole et à un point de vue, et nos évêques sont censés jouir de ce même droit », indiquent-ils, en référence à l’article 23 de la Constitution.
Dans leur déclaration, ils appellent par ailleurs les jeunes de Kananga et l’ensemble de la population à éviter les violences et les intimidations visant les responsables religieux.
Ils exhortent au respect des évêques, des prêtres et des personnes consacrées, après les tensions enregistrées dans certaines paroisses à la suite du message de la CENCO.
Les dix-sept prêtres invitent les Congolais à soutenir les institutions du pays et les actions du chef de l’État. Ils appellent « au soutien des actions du Président de la République, lesquelles actions sont concrètes et palpables à Kananga et à travers toute la République, à la promotion de la culture de l’unité des Congolais et à la tolérance de toutes les tendances politiques et confessionnelles ».
Dans son message du 19 juin 2026, la CENCO avait exprimé son opposition à toute initiative de révision ou de changement de la Constitution dans le contexte actuel, estimant que les priorités du pays demeurent le rétablissement de la paix, la cohésion nationale et l’amélioration des conditions de vie de la population.

