L’organisation Médecins Sans Frontières appelle à ne pas oublier les autres urgences sanitaires qui touchent particulièrement le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Dans un communiqué publié par MSF ce 14 août 2026, dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, le choléra, la rougeole, le paludisme et les conséquences des conflits continuent de faire de nombreuses victimes.
Pour MSF, la lutte contre Ebola doit donc se poursuivre sans interrompre les soins destinés aux autres patients.
Les affrontements provoquent des déplacements de populations, perturbent les campagnes de vaccination et rendent l’accès à l’eau potable et aux soins plus difficile.
Selon MSF, certains patients peuvent éviter les centres de santé par crainte d’être exposés au virus, une situation qui risque de retarder leur prise en charge et d’aggraver des maladies pourtant soignables.
« Ebola est une urgence majeure, mais ce n’est pas la seule. Chaque jour, nous recevons aussi des patients atteints de diverses maladies, des personnes blessées par les combats ou des survivantes de violences sexuelles. Pour ces communautés, toutes ces urgences coexistent et nécessitent une réponse simultanée. Lorsque les soins de santé de base sont interrompus, davantage de personnes risquent de mourir de maladies évitables. Il est indispensable de préserver la continuité des soins pour soigner toutes les autres pathologies, y compris pour l’accès aux soins primaires », explique Joshua Eckley, chef de programmes de MSF au Sud-Kivu.
Pendant que l’attention se porte sur Ebola, la rougeole et le choléra continuent de se propager dans plusieurs régions du pays.
Selon les données officielles citées par MSF, plus de 108 643 cas suspects de rougeole et 1 394 décès ont été enregistrés entre janvier et le 19 juillet 2026.
Plus de 50 820 cas concernent le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Pour le choléra, la RDC a déjà enregistré plus de 35 464 cas suspects et plus de 1 051 décès.
Les deux provinces du Kivu comptent à elles seules 14 819 notifications.
MSF intervient également contre ces maladies.
Ses équipes ont mené six interventions lors d’épidémies de rougeole, notamment à Shabunda au Sud-Kivu et à Walikale au Nord-Kivu. Ces interventions ont permis de traiter plus de 12 050 patients et de vacciner plus de 283 150 enfants.
Concernant le choléra, les équipes de MSF prennent notamment en charge des patients à Bukavu et Shabunda. À Goma, elles ont également participé à la réponse à une flambée enregistrée entre mai et début août 2026.
Plus de 2 410 personnes atteintes du choléra ont déjà été soignées dans les structures soutenues par l’organisation.
« Pour les familles que nous soignons, il n’existe pas de hiérarchie entre les crises.
Qu’un enfant meure de la rougeole ou du paludisme, qu’une personne succombe au choléra ou à la maladie d’Ebola, chaque vie compte », déclare le docteur Yvan Mbangi, coordinateur médical adjoint de MSF à Goma.
MSF alerte également sur le risque de baisse des financements destinés à la lutte contre le paludisme au Nord-Kivu. Cette maladie reste l’une des principales causes de morbidité en RDC.
Les déplacements provoqués par les combats exposent davantage certaines familles aux moustiques, notamment lorsqu’elles trouvent refuge dans des zones isolées.
« Nous risquons de voir diminuer les moyens consacrés à la maladie qui tue pourtant le plus dans cette région. Ce serait un paradoxe dramatique : mobiliser des ressources considérables contre une épidémie tout en affaiblissant la réponse à une maladie qui continue de provoquer chaque jour un nombre bien plus élevé de décès », alerte le docteur Yvan Mbangi.
Dans le Nord et le Sud-Kivu, plusieurs structures de santé fonctionnent déjà avec des moyens limités.
Certaines manquent de personnel, de médicaments ou d’équipements, tandis que d’autres ont dû suspendre leurs activités à cause de l’insécurité.
MSF poursuit ses activités médicales à Masisi, Mweso, Walikale, Bambo, Kibirizi, Kirotshe, Goma et Rutshuru au Nord-Kivu, ainsi qu’à Minova, Bunyakiri et Uvira au Sud-Kivu.
L’organisation appelle ainsi les autorités, les bailleurs de fonds et les acteurs humanitaires à renforcer leur soutien à l’ensemble des besoins sanitaires dans l’est de la RDC.
« Alors que les besoins médico-humanitaires continuent de croître dans l’est de la RDC, nous appelons les autorités, les bailleurs de fonds et l’ensemble des acteurs humanitaires à maintenir et à renforcer leurs investissements dans toutes les réponses aux nombreux et différents besoins des populations. Il est vital que toutes les urgences soient traitées simultanément », conclut Joshua Eckley.







