La scène politique congolaise a franchi un nouveau cap ce mardi 09 juin 2026. Réunie en séance plénière sous la direction du président de la Chambre basse, Aimé Boji Sangara, l’Assemblée nationale de la RDC a adopté la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo.
Le texte, considéré comme structurant pour l’encadrement juridique des consultations populaires prévues par la Constitution, a été validé à une majorité écrasante : 348 voix pour, 2 contre et 1 abstention.
Composé de 45 articles, le projet de loi a été examiné en détail par les députés nationaux, article par article. Au terme des débats, 32 dispositions ont été adoptées sans modification, tandis que 13 articles ainsi que l’exposé des motifs ont été amendés à la suite des observations formulées en plénière.
Pour la majorité parlementaire, ce texte vise à structurer davantage les mécanismes de démocratie directe et à clarifier les modalités de recours au référendum, conformément à l’architecture constitutionnelle en vigueur.
À l’issue du vote, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la portée institutionnelle du texte, qu’il présente comme un outil de consolidation des mécanismes de participation citoyenne.
Une rupture politique en plénière
Mais le vote n’a pas fait l’unanimité sur le plan politique. Le parti LGD, dirigé par l’ancien Premier ministre Matata Ponyo, a quitté la séance en bloc. Ses élus dénoncent un texte qu’ils jugent politiquement sensible, estimant qu’il ouvrirait la voie à une modification déguisée de la Constitution.
Le député Émile Assani a notamment dénoncé ce qu’il considère comme une tentative d’élargissement des pouvoirs du Parlement au-delà du cadre constitutionnel, évoquant des articles clés de la Constitution qui seraient, selon lui, potentiellement contournés.
Dans la même ligne, le LGD parle de « forfaiture » et de « projet dangereux », et annonce son intention de saisir la justice tout en appelant à la vigilance nationale et internationale.
Au-delà du LGD, la coalition d’opposition Coalition C64 a également durci le ton. Elle dénonce une tentative de « coup de force constitutionnel » et accuse le pouvoir de chercher à modifier l’équilibre institutionnel au profit d’un maintien prolongé au pouvoir.
Des actions de mobilisation ont été annoncées, notamment des opérations de “ville morte” et un sit-in prévu le 12 juin devant le Palais du Peuple à Kinshasa.

