La situation demeure tendue ce mercredi matin dans le territoire de Mahagi, en province de l’Ituri, au lendemain des tirs enregistrés lors d’une manifestation organisée par les forces vives locales.
Dès les premières heures de la journée, un pneu en feu a été allumé au centre de Mahagi, devant le bureau de la Police nationale congolaise (PNC), où un attroupement de jeunes a été observé.
Des éléments de la police ont été déployés sur place et faisaient face aux manifestants dans une atmosphère relativement calme en début de matinée.
Cependant, des coups de feu ont de nouveau retenti, accentuant les tensions dans le centre de la cité.
Les forces de l’ordre sont restées en état d’alerte, tandis que plusieurs commerces et établissements sont demeurés fermés, paralysant une grande partie des activités socio-économiques.
Face à cette situation, l’administrateur du territoire a convoqué en urgence les structures de la société civile à une réunion prévue à 11 heures.
De son côté, la société civile a appelé la population à se rassembler à 10 heures au stade Mamba, affirmant ne pas participer à la rencontre initiée par l’autorité territoriale en raison des journées sans activités qu’elle a décrétées.
Sur le plan politique, les condamnations se multiplient après les tirs qui ont grièvement blessé le président du Conseil territorial de la jeunesse de Mahagi lors de la manifestation de la veille.
Le député national Bhileni Cwinya’ay Dieudonné a condamné l’usage des armes à feu contre des manifestants pacifiques.
Il exige que les auteurs soient traduits en justice, que la victime soit indemnisée et appelle les autorités à prendre des mesures pour éviter la répétition de tels incidents.
Le caucus des députés provinciaux de Mahagi a également dénoncé l’intervention de la police.
Dans une déclaration, ces élus réclament l’ouverture d’une enquête indépendante, la prise en charge complète de la victime, le renvoi de l’auteur présumé des tirs devant la justice militaire ainsi que la fin des tracasseries routières attribuées aux éléments de la Police de circulation routière (PCR) dans le territoire.
Au moment de la rédaction de cet article, la situation restait très volatile à Mahagi et aucun bilan officiel des nouveaux incidents n’était encore disponible.

