Un comité de soutien basé en République démocratique du Congo a appelé à la libération de Benjamin Babunga, détenu au Burundi depuis treize jours, estimant qu’aucun élément de preuve ne justifie la poursuite de sa détention.
Dans un communiqué rendu public et dont une copie est parvenue à Kivu Morning Post le lundi 8 juin 2026 à Kinshasa, le Comité de soutien à Benjamin Babunga affirme que les autorités burundaises n’ont trouvé aucun élément susceptible d’établir un lien entre l’intéressé et un mouvement rebelle, malgré les investigations menées à son domicile et sur ses effets personnels.
« Après la fouille de son domicile, après la saisie et l’examen de son téléphone portable, de son ordinateur et de son matériel personnel, aucun élément n’aurait été découvert pour établir le moindre lien entre lui et un groupe rebelle », soutient le comité dans son communiqué.
Selon la même source, Benjamin Babunga, présenté comme un père de famille et un homme engagé dans le débat public, ne serait connu ni pour des activités militaires ni pour une implication dans une organisation armée.
« Exprimer des opinions ou participer au débat public ne fait pas d’un citoyen un rebelle », affirme le comité.
Le collectif indique que M. Babunga a d’abord été détenu dans les locaux des services de renseignement burundais avant d’être transféré, dans la nuit du 5 au 6 juin, à la prison centrale de Mpimba, à Bujumbura.
« Ce transfert intervient en l’absence de preuves nouvelles ou d’éléments matériels établissant sa culpabilité. Cet acte apparaît comme une simple prolongation de sa privation de liberté », estime le comité de soutien.
Les signataires s’interrogent sur les motifs du maintien en détention de Benjamin Babunga et invoquent le respect de la présomption d’innocence.
« Lorsqu’une enquête ne permet pas de démontrer les accusations avancées, la détention doit cesser. La privation de liberté ne peut devenir une sanction anticipée ni un moyen de rechercher, après coup, des preuves qui n’existent pas », souligne le communiqué.
Le comité considère que cette affaire soulève des préoccupations relatives au respect des droits fondamentaux et des garanties judiciaires.
« Lorsqu’un homme peut être maintenu en prison malgré l’absence de preuves établissant les faits qui lui sont reprochés, c’est le principe même de la présomption d’innocence qui se trouve fragilisé », ajoute-t-il.
Le comité estime que « rien ne justifie » le maintien de Benjamin Babunga en détention si aucun élément tangible ne permet d’étayer les accusations portées contre lui. « La liberté d’expression ne constitue pas un crime. L’absence de preuves ne peut tenir lieu de justice », déclarent les membres du collectif.

