Dans un contexte de tensions politiques autour de la question d’une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo, l’opposant Moïse Katumbi hausse le ton et appelle à privilégier les priorités sociales et sécuritaires du pays plutôt que les débats institutionnels.
Interrogé par la DW, l’ancien gouverneur du Katanga estime que toute tentative de modification de la Loi fondamentale reviendrait à remettre en cause des engagements politiques passés, notamment ceux impliquant l’ancien président Joseph Kabila, qu’il considère comme ayant joué un rôle dans les accords politiques ayant conduit à des équilibres institutionnels antérieurs.
Pour lui, « modifier la Constitution, c’est jeter un accord aux oubliettes », une démarche qu’il juge politiquement dangereuse et susceptible de fragiliser davantage la stabilité nationale.
Moïse Katumbi affirme également que la population congolaise aurait déjà exprimé son rejet de toute réforme constitutionnelle à travers des manifestations pacifiques et des journées villes mortes.
Selon lui, le message est clair : la priorité des citoyens n’est pas institutionnelle, mais sociale.
« Les gens n’ont pas d’eau potable, ils n’ont pas de sécurité, ils n’ont pas de quoi se nourrir », résume-t-il, estimant que les véritables urgences nationales restent la gouvernance, l’insécurité et les conditions de vie de la population.
« Ce n’est pas la Constitution le problème »
Dans son analyse, l’opposant rejoint une critique récurrente de plusieurs figures politiques et sociales du pays:
la crise congolaise est d’abord structurelle et liée à la gouvernance.
À ses yeux, ouvrir un chantier constitutionnel aujourd’hui détournerait l’attention des problèmes essentiels et risquerait d’aggraver les tensions.
Il insiste ainsi sur le fait que « les plus grands problèmes du pays ne sont pas la Constitution », mais bien la situation socio-économique et sécuritaire.
Interrogé sur la capacité du camp présidentiel à faire passer une réforme malgré les contestations, Moïse Katumbi se montre catégorique : « ils n’y arriveront pas ». Une affirmation qui traduit la fermeté de l’opposition face aux ambitions institutionnelles prêtées au pouvoir en place.
S’adressant directement au chef de l’État, Félix Tshisekedi, il lance un appel à la retenue et à la responsabilité politique, l’exhortant à placer l’intérêt du peuple au-dessus des considérations institutionnelles.
Il met également en garde contre le risque d’une escalade : « éviter des décisions qui pourraient entraîner un bain de sang », avertit-il, dans un message qui sonne comme une alerte sur la fragilité du climat politique actuel.

