L’Église du Christ au Congo a exprimé, dimanche 7 juin 2026, ses préoccupations face à la dégradation de la situation sécuritaire et sanitaire en République démocratique du Congo, ainsi qu’aux tensions suscitées par le débat sur les réformes constitutionnelles, à l’issue de la 66e session extraordinaire de son Comité exécutif national tenue du 4 au 7 juin à Kinshasa.
Dans sa déclaration finale, l’ECC estime que le pays traverse actuellement « une crise multiforme sur le plan sécuritaire, sanitaire, humanitaire et politique », évoquant notamment la persistance du conflit dans l’est du pays et la résurgence de l’épidémie d’Ebola.
« Des espaces territoriaux importants des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent sous le contrôle du M23. La province de l’Ituri quant à elle reste exposée aux massacres ignobles perpétrés par les éléments de l’ADF-NALU », indique le document adopté par les responsables protestants.
L’Église protestante relève également que la nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai dernier, constitue une source supplémentaire d’inquiétude pour les populations affectées.
Concernant la situation sécuritaire, les responsables protestants ont salué les initiatives diplomatiques et les efforts internationaux visant à restaurer la paix dans l’est du pays.
Toutefois, l’ECC estime que les résultats attendus sur le terrain tardent à se matérialiser.
S’agissant du débat sur une éventuelle réforme de la Constitution, l’Église protestante affirme avoir privilégié une démarche de dialogue et d’écoute entre les différentes sensibilités politiques.
« Le Comité exécutif national a opté pour une approche de dialogue démocratique basée sur l’écoute, la tolérance, le discernement et l’analyse objective des opinions des uns et des autres », indique la déclaration.
Dans ce cadre, des représentants de la majorité présidentielle et de l’opposition ont été invités à présenter leurs positions devant les responsables de l’ECC. La majorité a été représentée notamment par André Mbata et Augustin Kabuya, tandis que l’opposition était représentée par Martin Fayulu.
L’opposant Delly Sesanga, également invité, n’a pas pu prendre part aux échanges, selon l’ECC.
L’Église du Christ au Congo estime que les divergences actuelles doivent être traitées dans un cadre démocratique afin d’éviter toute escalade.
« Rien ne doit être indigne à la discussion démocratique dans le respect de nos différences, quand il s’agit de l’intérêt supérieur de la Nation », conclut la déclaration.
Pour rappel, le débat sur les réformes constitutionnelles divise profondément la classe politique congolaise.
Les partis de la majorité soutiennent le changement de la Constitution de 2006, tandis qu’une partie de l’opposition réunie au sein de la coalition C64 s’y oppose fermement, estimant qu’une telle initiative risque d’accentuer les tensions dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’est du pays.

