La Monusco et les Fardc ont annoncé vendredi 3 novembre 2023 le lancement d’une opération conjointe dénommée Spring bok. Celle-ci vise à protéger la ville de Goma et la cite de Sake de toute occupation rebelle. Une annonce largement commentée par les habitants de Goma. Si les uns estiment que c’est une façon pour la Monusco de prolonger sa présence sur le sol congolais d’autres y voient une distraction.
Thierry, un déplacé de guerre venu de Kibumba ne sait pas sur base de quelle critère les deux parties se sont convenues pour le choix de ces deux entités. Pour lui, la question de la défense du territoire national doit se faire dans toutes les entités.

« Ça n’a pas de sens, ce n’est pas Goma qui est importante plus que d’autres Zones occupées » s’indigne ce congolais qui vient de passer plus de dix mois au camp de déplacés de Bulengo.
Alors que la pression ne fait que s’accentuer sur la Monusco pour qu’elle quitte la RDC à cause de son inaction, Spring bok est une manœuvre pour celle-ci de prolonger sa présence sur le sol de la RDC pense Tresor Mumbere
» Si réellement la Monusco a besoin d’aider la RDC dans cette guerre injuste, qu’elle commence d’abord ces opérations à Bambo, Kiwanja et Bunagana. Au vu de la situation actuelle, Goma n’est pas une priorité » dit-il.
Aimé NIYOKWIZERA est dubitatif sur le résultat de cette opération.
» Pourquoi la Monusco doit toujours attendre que les rebelles soient à la porte de Goma pour agir. Je pense que la démarche actuelle n’est maintenue que pour des visées économiques. Qui est ce soldat onusien prêt à rentrer au chômage au nom de la paix en RDC ? Ce qu’ils font n’est autre qu’un mascarade » croit ce congolais.
Les forces vives du Nord Kivu ne comprennent pas ce qu’elles appellent un revirement à 180 degré de la Monusco. Alors qu’elle avait reconnu son incapacité à faire face aux Rebelles du M23 par le passé, Placide Nzilamba s’interroge sur les stratégies que la Monusco mettra en œuvre pour réussir face à l’ennemi. Il plaide pour une analyse de la situation au préalable.
« Nous devons faire des analyses profondes pour comprendre ce qui a conduit la Monusco vers des débâcles les jours passés. Vous vous souviendrez que, celle-ci, dans l’une de ses communications, avait reconnu son incapacité à faire face aux Rebelles du M23. Elle avait dit que ces rebelles avaient un équipement sophistiqué. Ce revirement qui arrive nous pousse quand même à réfléchir. Est ce qu’il n’y a pas moyen de se mettre autour d’une table pour qu’on comprenne les raisons de ce manque de performance de cette force et pourquoi aujourd’hui elle veut simplement protéger Goma et Sake »
» Nous n’avons pas besoin d’une paix seulement à Goma mais partout. Toutes les entités qui connaissent aujourd’hui l’insécurité ont besoin de la restauration de l’autorité de l’Etat » rappelle Placide Nzilamba.
Réagissant à cette préoccupation, le commandant de la force onusienne rassure que plusieurs mesures sont sur la table pour trouver la solution au problème sécuritaire dans l’Est. Le lieutenant général Otavio Rodriguez De MIRANDA pense qu’avant toute action offensive, des voies politiques et diplomatiques peuvent être envisagées pour une solution pacifique à la crise du m23.
« A propos des opérations offensives des Fardc contre les m23. Je crois que nous devons discuter là-dessus. Comme vous le savez, nous avons plusieurs options sur la table. Il s’agit des options politiques, diplomatiques pour résoudre cette crise de manière pacifique » a indique ce haut gradé des forces onusiennes en RDC.

Les forces armées de la RDC se réjouissent de leur part de cette volonté affichée par la Monusco à les appuyer dans la défense du territoire national. Son porte-parole au Nord-Kivu rappelle que les deux partenaires ont un ennemi commis à savoir le M23.
» C’est qui est important pour nous les Fardc , est la façon dont on mène cette opération de manière conjointe. À l’heure actuelle nous avons un ennemi commun », a dit le lieutenant-colonel Guillaume Ndjike Kaiko.
Ce partenariat entre les Fardc et la Monusco intervient alors qu’en date du 20 septembre 2023, Le président de la République démocratique du Congo (RD Congo) Félix Tshisekedi avait insisté à la tribune de l’ONU pour un retrait « accéléré » des Casques bleus de son pays à partir de fin 2023, regrettant qu’ils n’aient « pas réussi à faire face » aux groupes armés. Au même moment la RDC qui a fait venir les forces de l’Eac sur son sol pour en finir avec les rebelles du m23 semble dégoûter par les résultats sur terrain. Depuis quelques mois, le pouvoir de Kinshasa fait des beaux yeux à ses partenaires de la SADC pour qu’ensemble, ils établissent des accords pour l’envoi sur son territoire des troupes des pays membres de cette organisation pour en finir avec la crise sécuritaire dans sa partie Orientale.
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