De Goma à Paris, El Weezya s’est imposé sur la scène du Stade de France aux côtés de Fally Ipupa, portant avec lui l’écho d’un Est congolais trop souvent réduit à ses douleurs.
Cette voix a marqué sa présence sur la scène internationale en participant au concert événement de Fally Ipupa au Stade de France.
Devant des milliers de spectateurs, l’artiste a représenté la ville de Goma en partageant la scène avec des figures majeures de la musique africaine, dans un spectacle qui a mis en lumière la richesse et la diversité de la scène congolaise.
Fally Ipupa a condensé deux décennies de trajectoire artistique en l’espace de quarante-huit heures. De Droit chemin en 2006 à XX, sorti en avril dernier, l’Aigle a contraint le public parisien à une immersion rétrospective sans échappatoire.
Chaque opus s’érigeait en séquence, chaque titre en stigmate d’une conquête esthétique. Le Stade de France ne relevait plus du registre nostalgique ; il s’imposait comme un sanctuaire monumental dédié à la pérennisation de son héritage musical.
Les collaborations défilaient : Lynnsha ramenant la rumba aux sources, Naza et Keblack modernisant le son congolais, Tayc et Diamond Platnumz légitimant sa portée continentale. Plus de 20 artistes ont partagé la scène avec Fally Ipupa pendant ces deux jours. Chaque invité était une signature, une confirmation qu’aucun artiste majeur du continent ne peut ignorer l’Aigle de l’Afrique.
L’exploit accompli devient inévitable en le nommant : Fally Ipupa, premier artiste africain à un double sold-out au Stade de France. Burna Boy l’avait précédé en 2025, mais seul, sans le prestige du double. L’Aigle de l’Afrique ne déplie pas l’histoire, il la pulvérise. Et surtout, élément perturbant pour les hiérarchies musicales établies, il est le premier artiste francophone à fouler cette scène.
Par ailleurs, Goma est souvent racontée à travers ses douleurs, ses crises et ses silences forcés. Une ville dont l’histoire récente est trop souvent associée au bruit des armes plutôt qu’à celui des rêves. Et pourtant, au milieu de cette réalité, une voix s’élève et traverse les frontières.
Ce week-end-là, Paris a vibré au rythme du Congo. Et dans cette lumière, une vérité s’impose : même les villes qu’on croit brisées continuent d’envoyer au monde des étoiles. Goma n’est pas seulement une douleur, elle est aussi une promesse.
Kethia Rugamika

