L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a défendu son bilan à la tête du pays, affirmant avoir laissé, en 2019, une situation sécuritaire largement maîtrisée. Il a critiqué la gestion de son successeur.
Dans un entretien consacré notamment à son arrivée au pouvoir en 2001 et à la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), il a estimé que le pays avait emprunté une mauvaise direction après son départ de la présidence.
Le 12 octobre, Joseph Kabila a pris la tête du FRN, une coalition politico-militaire ayant succédé à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dissoute au même moment.
Interrogé sur les défis rencontrés à son arrivée au pouvoir, à l’âge de 29 ans, l’ancien chef de l’État a décrit un pays affaibli par les conflits, la fragmentation territoriale et l’effondrement économique.
« En 2001, l’État était extrêmement faible. Les principales infrastructures étaient quasiment inexistantes », a déclaré Joseph Kabila.
Il a également évoqué la présence d’armées étrangères et la multiplication des groupes armés, particulièrement dans l’est du pays.
« L’économie était en ruines. Près de sept armées étrangères étaient déployées sur notre territoire et se livraient des combats entre elles », a-t-il affirmé.
Selon lui, la priorité de son gouvernement après son investiture, le 26 janvier 2001, était de rétablir la paix et de réunifier le pays. Il a notamment cité le dialogue intercongolais et la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale parmi les mécanismes ayant contribué à ce processus.
« Nous sommes arrivés à la conclusion que nous ne pouvions pas y parvenir uniquement par des moyens militaires. Parmi les options envisagées figurait le dialogue », a-t-il expliqué, en référence aux négociations qui se sont notamment tenues à Sun City, en Afrique du Sud.
L’ancien président a également défendu les réformes engagées sous son mandat dans les secteurs minier, agricole et forestier.
« Entre 2006 et mon départ du pouvoir, près de 600 réformes ou lois ont été adoptées dans le but précis de permettre au pays de retrouver son équilibre et de se remettre sur pied », a-t-il déclaré.
Joseph Kabila a ensuite critiqué la manière dont ses successeurs ont poursuivi les politiques engagées sous sa présidence. Il a rappelé avoir insisté, lors de la passation des pouvoirs en 2019, sur le principe de la continuité de l’État.
« Je lui ai dit : “Voici ce que nous avons accompli au cours des 17 ou 18 dernières années. Mais veillez à ne pas faire reculer le pays, car il doit continuer à avancer” », a-t-il affirmé, en évoquant ses échanges avec Félix Tshisekedi.
Sur le plan sécuritaire, l’ancien chef de l’État a soutenu qu’au moment de son départ, la situation était largement sous contrôle.
« En 2019, comme je l’ai indiqué, la situation sécuritaire n’était certes pas parfaite, mais environ 95 % du territoire et de la situation sécuritaire étaient sous contrôle », a-t-il déclaré.
Il a également affirmé qu’aucun mercenaire ni aucune armée étrangère n’opérait alors sur le territoire congolais.
Interrogé sur les dangers qu’il dit voir peser sur la RDC, Joseph Kabila a affirmé avoir alerté sur la trajectoire du pays avant même les dernières élections auxquelles il a participé en tant que président.
« Dans ma dernière adresse, j’ai parlé du danger. Mais, deux ans auparavant, en Afrique du Sud, j’avais déjà évoqué ce danger, que je considérais comme imminent », a-t-il déclaré, ajoutant avoir envoyé des messages avant les élections pour avertir que, selon lui, le pays n’était pas sur la bonne voie.







