Le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, a dénoncé lundi 28 septembre 2026 le retour du général-major Sylvain Ekenge au poste de porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Il avait été suspendu depuis plusieurs mois après des propos jugés discriminatoires envers la communauté tutsi.
Le retour de Sylvain Ekenge à cette fonction est attesté par un communiqué de l’état-major général des FARDC publié le 25 septembre à la suite du crash d’un avion militaire à Kenge, dans la province du Kwango.
Le document est signé par le général-major Sylvain Ekenge en qualité de porte-parole des FARDC.
Suspendu en décembre 2025, il avait tenu des propos sur la télévision publique RTNC, jugés discriminatoires à l’encontre des femmes tutsi.
L’état-major général avait alors condamné ces déclarations, précisant qu’elles ne reflétaient pas la position officielle des FARDC, du président de la République ou du gouvernement.
Dans une déclaration publiée sur son compte X, Bertrand Bisimwa estime que le retour du général Ekenge constitue un signal politique adressé par les autorités de Kinshasa.
« La réintégration du général Sylvain Ekenge comme porte-parole des forces de la coalition du régime de Kinshasa, après un long silence pour des propos discriminatoires visant les femmes Tutsi, est un signal fort et grave de la détermination du régime à assumer son choix des basses œuvres », écrit-il.
Le responsable de l’AFC/M23 reproche également aux autorités congolaises de ne pas avoir, selon lui, fourni d’explications publiques suffisantes sur le traitement réservé aux propos tenus par le général Ekenge.
« Aucune explication publique ne permettrait de comprendre comment le régime de Kinshasa a traité ces propos ni quelles garanties empêchent leur répétition », affirme Bertrand Bisimwa.
Bertrand Bisimwa va plus loin en accusant les autorités congolaises d’institutionnaliser, selon lui, des discours de haine.
« Par contre, le régime de Kinshasa apporte, ici, la preuve de l’institutionnalisation de discours de haine au titre du devoir citoyen et patriotique », poursuit-il.
Il estime que la stigmatisation d’une communauté par un représentant de l’État peut contribuer à aggraver les divisions dans le pays.
« La stigmatisation d’une communauté par un représentant de l’État participe aux causes profondes des conflits : elle fragilise la confiance des citoyens et met en péril leur coexistence », a renchéri le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23.
Il accuse par ailleurs le gouvernement congolais de mener une politique de « persécution et de nettoyage ethnique », une accusation qui n’est pas étayée dans sa déclaration par des éléments permettant une vérification indépendante.
Bertrand Bisimwa affirme enfin que son mouvement reste favorable à la coexistence pacifique entre les différentes communautés ethniques de la RDC.
« Nous prônons et nous militons pour le vivre-ensemble et la cohabitation pacifique de nos différentes communautés ethniques. Une identité commune qui sécurise tout notre peuple dans le respect de la dignité de tous et de chacun », conclut-il.







