Douze jours après l’annonce par le président Félix Tshisekedi d’un dialogue national censé contribuer à la recherche de la paix et de la cohésion en République démocratique du Congo, l’ancien député Claudel Lubaya estime que l’initiative « s’enlise déjà dans l’impasse », dénonçant notamment ses contours jugés flous et l’exclusion de certains acteurs.
Dans une tribune, M. Lubaya affirme que, douze jours après l’annonce présidentielle, le dialogue national « produit beaucoup de bruit, mais toujours aucune lumière ».
Selon lui, « l’initiative apparaît déjà comme mort-née », voire comme « un exercice de communication de crise mal maîtrisé ».
Il estime que les contours du processus restent indéfinis, avec « ses objectifs évasifs et son calendrier introuvable ».
Sur l’inclusivité du dialogue, Claudel Lubaya dénonce ce qu’il considère comme une « exclusion d’office » de certains acteurs.
Il affirme que le périmètre de l’exclusion, notamment l’AFC/M23, se serait progressivement élargi aux Églises catholique et protestante.
« À force de vouloir tout décider seul, le pouvoir a fini par enfermer son propre dialogue dans l’impasse », écrit-il.
Il pense que le processus serait également confronté à des difficultés dans la mise en place d’un comité d’organisation qu’il souhaite « inclusif et représentatif ».
Sur la question de la guerre dans l’est de la RDC, Lubaya met en doute la cohérence d’un dialogue national qui ne réunirait pas, selon lui, les principaux protagonistes du conflit.
« Il prétend vouloir pacifier le pays, restaurer l’autorité de l’État et rétablir la cohésion nationale, mais entend y parvenir en tenant hors du dialogue les protagonistes de la guerre », affirme-t-il.
L’ancien député questionne également la justification avancée par le pouvoir, selon laquelle le dossier de l’AFC/M23 relève déjà du processus de Doha.
« L’alibi de Doha ne résiste pas davantage à l’épreuve des faits », estime Claudel Lubaya.
Il affirme que ce processus n’aurait, à ce stade, « ni abouti à un cessez-le-feu, ni mis fin aux combats, ni débouché sur un règlement politique global ».
Il considère dès lors que l’articulation entre le dialogue national et les discussions de Doha doit être clarifiée afin d’éviter, selon lui, que les deux processus ne se retrouvent en concurrence ou dans une logique contradictoire.
En définitive, Claudel Lubaya accuse le pouvoir de vouloir tirer un bénéfice politique de la persistance de la crise.
« En prétendant rassembler la Nation par l’exclusion, Félix Tshisekedi ne trace pas un chemin vers la paix : il construit une impasse dont il espère, à tort, tirer profit. Entre-temps, la crise s’enlise.
Et la guerre est devenue un fonds de commerce politique, servant à justifier les dépenses hors contrôle et à préparer les esprits à la non-tenue des élections dans les délais », écrit-il.
Il conclut que cette démarche ne constitue pas, à ses yeux, une réponse à la crise congolaise, mais « une stratégie de conservation du pouvoir par la crise », dont il estime que les limites pourraient à terme devenir « fatales au pouvoir lui-même ».







