Le Mouvement Sauvons la RDC rejette le format du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi.
Dans un communiqué daté du 31 août 2026 et signé par Franck Diongo, Jean-Claude Vuemba, Raymond Tshibanda, Seth Kikuni, Claudel André Lubaya, Théophile Mbemba, Dr Tharcisse Loseke, Albert Mukulubundu, Filia Tshipasa et Bienvenu Matumo, le mouvement estime que le processus annoncé ne répond pas aux conditions nécessaires à un dialogue réellement inclusif et crédible.
Sauvons la RDC dit avoir suivi avec attention l’adresse à la Nation du chef de l’État du 27 août, consacrée à l’annonce d’un forum présenté comme un « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ».
Pour le mouvement, le chef de l’État ne peut pas, à lui seul, décider des participants, du lieu, des règles, des sujets à traiter et des limites du dialogue.
« Un dialogue dont une seule partie choisit les participants, fixe les règles, délimite les sujets et détermine à l’avance les contours n’en est pas véritablement un », affirme Sauvons la RDC.
Le mouvement considère par ailleurs que la crise congolaise dépasse largement la seule question sécuritaire.
Il la décrit comme une crise « morale, politique, sécuritaire, institutionnelle, économique, sociale, humanitaire et, désormais, sanitaire ».
Sauvons la RDC reproche également au président Tshisekedi de privilégier, selon lui, un processus contrôlé par le pouvoir plutôt qu’un dialogue réunissant toutes les parties concernées : « Entre sauver son pouvoir et sauver la République, il a choisi son pouvoir », dénonce le mouvement.
Le mouvement insiste aussi sur le rôle que devraient jouer les évêques de la CENCO et de l’ECC.
Il estime que ces deux structures religieuses ne doivent pas être simplement associées au processus pour lui donner une apparence de crédibilité.
« Leur implication doit être indépendante, effective et pleine », soutient Sauvons la RDC.
Le mouvement demande ainsi que la CENCO et l’ECC assument une véritable mission de médiation et de facilitation afin de renforcer la confiance entre les différentes parties.
Il réclame également l’implication de garants africains et internationaux dans le suivi et la mise en œuvre des éventuelles résolutions issues du dialogue.
Sauvons la RDC rappelle sept conditions qu’il juge indispensables : une médiation neutre, indépendante et impartiale ; une participation réellement inclusive, sans exclusion politique arbitraire ; un cadre neutre et sécurisé pour tous les participants ; des termes de référence, un calendrier et un ordre du jour définis de manière consensuelle ; le respect de la Constitution, notamment de ses dispositions intangibles, ainsi que de l’échéance constitutionnelle de 2028 ; une véritable décrispation politique et judiciaire ; un mécanisme indépendant et contraignant pour garantir, suivre et mettre en œuvre les engagements issus du dialogue.
Selon le mouvement, aucune de ces sept conditions n’a été suffisamment prise en compte dans l’adresse présidentielle du 27 août.
Sauvons la RDC qualifie donc l’annonce du dialogue de « non-événement politique » et affirme qu’il ne veut pas cautionner ce qu’il considère comme une initiative préparée à l’avance par le pouvoir.
Dans son communiqué, le mouvement va plus loin et accuse le pouvoir de vouloir utiliser ce dialogue pour contourner les limites constitutionnelles.
« Ce pseudo-dialogue est, pour Sauvons la RDC, un mécanisme subtil, un stratagème politique destiné à instrumentaliser les conclusions du forum pour tenter de contourner les verrous constitutionnels, prolonger indûment les animateurs des institutions dans leurs fonctions […] et, à terme, ouvrir la voie à un troisième mandat consécutif du Président de la République en exercice. »
Toutefois, Sauvons la RDC précise qu’il reste favorable au principe d’un véritable dialogue national, qu’il veut « souverain, inclusif et sans exclusive », avec la participation de l’ensemble des parties prenantes et la possibilité d’aborder les causes profondes de la crise congolaise.
« Un dialogue qui ne soit ni celui d’un camp ni celui d’un homme, mais celui de la Nation tout entière », plaide le mouvement.
Enfin, Sauvons la RDC affirme qu’un tel dialogue finira par avoir lieu, avec ou sans Félix Tshisekedi, en évoquant également l’article 64 de la Constitution, estimant que le peuple pourrait s’en prévaloir si le chef de l’État empêchait la tenue d’un véritable dialogue.







