L’ancienne ministre des Droits humains et cadre du Front commun pour le Congo (FCC), Marie-Ange Mushobekwa, critique la manière dont les autorités congolaises gèrent l’épidémie d’Ebola qui touche plusieurs provinces du pays.
Invitée ce lundi 7 septembre dans le Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, elle a d’abord exprimé sa compassion envers les populations des zones touchées par l’épidémie.
Elle dit notamment avoir suivi la situation des élèves qui n’ont pas pu reprendre les cours ainsi que les difficultés du personnel soignant.
« J’ai suivi il y a quelques jours que les élèves n’ont pas pu retourner à l’école à la rentrée à cause de cette épidémie », affirme-t-elle, ajoutant avoir appris que le personnel soignant se plaignait de ne pas être régulièrement payé.
Sur la gestion de la crise, Marie-Ange Mushobekwa estime que les autorités ne prennent pas suffisamment au sérieux l’ampleur de l’épidémie. Elle affirme que cette situation a contribué à l’augmentation du nombre de cas et de décès.
Elle dénonce ainsi une gestion qu’elle juge trop légère : « Quant à la gestion de la crise, j’estime que la crise est gérée avec légèreté. C’est pour ça qu’on a atteint ce nombre-là. »
L’ancienne ministre critique également l’attitude des autorités basées à Kinshasa, qu’elle accuse de se concentrer sur d’autres questions alors que l’épidémie progresse dans les provinces touchées.
« À Kinshasa et dans d’autres provinces qui ne sont pas touchées, j’insiste sur Kinshasa, siège des institutions de la République, les autorités sont dans la distraction, sont concentrées sur autre chose », insiste-t-elle.
Marie-Ange Mushobekwa fait notamment référence aux activités politiques consacrées au changement de la Constitution.
Elle déplore que certains membres du gouvernement organisent des meetings sur cette question pendant que des Congolais meurent dans l’Est du pays.
Poursuivant sa critique, elle juge insuffisants les moyens consacrés aux provinces touchées par Ebola et estime qu’un effort plus important aurait dû être fourni par le gouvernement.
« La gestion de la crise est calamiteuse, et je pense qu’on aurait dû allouer beaucoup plus de moyens à ces provinces et localités touchées par l’épidémie d’Ebola », poursuit-elle.
Selon elle, la faible présence de la maladie dans les grandes villes pourrait également expliquer le manque de réaction des autorités.
Elle estime que celles-ci ne se sont pas suffisamment mobilisées parce que les grandes villes ne sont pas directement touchées.
Interpellée sur le rôle de l’opposition dans la sensibilisation de la population face à Ebola, Marie-Ange Mushobekwa affirme que l’opposition mène déjà des actions de sensibilisation.
Elle estime toutefois que la responsabilité principale revient à l’État : « Nous sensibilisons, mais c’est le rôle de l’État de jouer son rôle régalien. »
Elle précise que les autorités doivent notamment imposer les mesures barrières, organiser les enterrements des personnes décédées et assurer de bonnes conditions au personnel soignant.
Pour l’ancienne ministre, les efforts de sensibilisation de l’opposition et de la société civile resteront insuffisants si l’État ne prend pas les mesures nécessaires.
Selon le rapport de situation n°114 de la Task Force présidentielle Ebola, publié le 6 septembre 2026, la RDC comptabilise 6 686 cas confirmés et 3 226 décès.
L’épidémie touche ainsi 61 zones de santé sur 151 réparties dans six provinces.
L’Ituri reste l’épicentre avec 80,6 % des cas confirmés à l’échelle nationale.







