Quinze Congolais libérés par les autorités de Kinshasa ont regagné jeudi 27 août 2026 Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ils ont été accueillis par des responsables de l’AFC/M23, a constaté un journaliste de Kivu Morning Post.
Les anciens détenus ont été reçus au bureau du coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, en présence de son adjoint Bertrand Bisimwa. Ils ont échangé avec les responsables du mouvement avant de témoigner de leurs conditions de détention dans la capitale congolaise devant la presse.
Se disant « heureux » de retrouver leur liberté, plusieurs d’entre eux ont dénoncé des conditions de détention qu’ils qualifient d’inhumaines et affirmé avoir été détenus pendant plusieurs années sans condamnation.
« Avec les autres amis, nous nous sentons libres. Nous sommes maintenant à Goma, la capitale du Congo libéré. Nous venons de sortir de l’enfer. En prison, nous avons fait le stage de la mort pendant plusieurs années », a déclaré à la presse Me Célestin Ngoma, l’un des 15 détenus libérés.
Selon lui, certains détenus auraient été arrêtés en raison de leur appartenance supposée à l’AFC/M23.
« Nous avons été arrêtés par discrimination, à cause de notre faciès. Arrêtés parce qu’on nous a assimilés au M23 alors qu’il n’y avait aucune preuve », a-t-il affirmé.
« Nous avons tous été détenus sans avoir été condamnés, sans être devant un juge pendant plusieurs années », a-t-il soutenu.
Évoquant son propre parcours carcéral, il a indiqué être passé notamment par les installations de l’Agence nationale de renseignements (ANR), l’auditorat militaire puis la prison de Ndolo.
Du côté de l’AFC/M23, le porte-parole adjoint Oscar Balinda a présenté l’arrivée des 15 anciens détenus comme « un jour de joie », tout en affirmant que d’autres personnes sont encore détenues à Kinshasa.
« Ils ont témoigné de l’horreur qui règne dans les cachots de Kinshasa. Ils étaient éparpillés dans différentes prisons et, vous savez, il en reste plus de 750 », a-t-il affirmé.
Oscar Balinda a ajouté que l’AFC/M23 entendait poursuivre les démarches en faveur de la libération d’autres détenus.
« Nous sommes en pourparlers, mais vous savez les difficultés que nous avons dans la mise en œuvre. Nous avons libéré beaucoup de prisonniers de bonne foi, mais pour nous, ils n’en ont laissé que quinze », a-t-il déclaré.
Les quinze anciens détenus ont, de leur côté, appelé l’AFC/M23 à poursuivre ses démarches afin d’obtenir la libération d’autres personnes encore incarcérées à Kinshasa.
La libération, dans le cadre du processus de Doha, intervient après leur accueil à Bunagana par l’AFC/M23 le 7 août 2026, à la suite de leur rapatriement par le CICR. L’AFC/M23 avait reconnu que neuf de ces 15 prisonniers figuraient parmi les 768 noms transmis à la médiation.
Hier, mercredi, 14 civils proches du régime de Kinshasa qui se trouvaient dans les bases de la MONUSCO à Goma sont arrivés à Beni. Les autorités locales ont indiqué que leur transfert s’inscrivait dans le cadre du processus de Doha.







