Le professeur Freddy R. Kaniki, Président du MRD Twirwaneho, a dénoncé jeudi 27 août 2026 la décision du gouvernement congolais de suspendre les activités académiques dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu. Pour lui, c’est une mesure qui « punit les parents et les étudiants » du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans une tribune publiée sur son compte X, le professeur estime que l’arrêté ministériel du 20 août 2026, qui invoque une « situation sécuritaire particulièrement préoccupante », constitue une décision à caractère politique.
« Le Gouvernement de Kinshasa vient, par l’arrêté ministériel n°239 du 20 août 2026, d’ordonner la suspension des activités académiques dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire des villes de Bukavu et Goma », écrit-il.
Selon le professeur Freddy Kaniki, cette décision intervient alors que les populations de l’Est de la RDC sont déjà confrontées à plusieurs difficultés liées au conflit, notamment les déplacements, les destructions d’infrastructures et les perturbations des activités économiques.
« Alors que des efforts de médiation sont consentis pour apaiser les tensions, le régime de Tshisekedi choisit d’ouvrir un nouveau front », affirme-t-il.
Il estime que l’éducation des jeunes ne devrait pas être affectée par les tensions politiques et sécuritaires.
Le professeur établit également un lien entre la suspension des activités universitaires et les récentes nominations annoncées par l’AFC/M23 au sein de plusieurs établissements publics de Goma et Bukavu.
Selon lui, la décision de Kinshasa serait une réaction à ces nominations destinées, affirme-t-il, à « combler les vides laissés par des responsables absents depuis plus d’une année ».
« Plutôt que de soutenir la jeunesse, le Gouvernement de Kinshasa cherche à semer colère et confusion dans les milieux académiques », soutient-il.
Il qualifie la suspension d’« tentative de déstabiliser l’éducation et d’inciter aux troubles sociaux ».
Le professeur Freddy Kaniki, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, conteste par ailleurs l’argument sécuritaire avancé par les autorités congolaises.
« Contrairement aux allégations du régime, la situation sécuritaire dans les deux villes libérées est meilleure qu’avant », affirme-t-il.
Il s’interroge également sur les conséquences de la mesure pour les familles et les étudiants, notamment ceux qui pourraient être contraints de poursuivre leur formation loin de leurs villes d’origine.
« Est-ce que ceux qui ont pris la décision ont pensé aux implications financières et logistiques, aux contraintes morales de ces jeunes gens et surtout jeunes filles qu’ils veulent emmener à des centaines de kilomètres de leurs parents ? », demande-t-il.
Le professeur appelle toutefois les étudiants à garder leur calme et affirme que les activités académiques se poursuivront dans les établissements concernés.
« Les activités académiques se poursuivront normalement », assure-t-il.
Il rappelle les étudiants à rester concentrés sur leurs études et à ne pas se laisser instrumentaliser dans le contexte de la crise politique.
Dans un communiqué, l’AFC/M23 a rejeté la décision de Kinshasa, qu’il a qualifiée de nulle et sans effet. L’AFC/M23 a indiqué que les activités académiques vont se poursuivre normalement et que les agents qui se sont vu suspendre leur paie seront rémunérés par l’AFC/M23.







