La tension est montée d’un cran ce mercredi au quartier Mambango, dans la commune de Bungulu, en ville de Beni, au lendemain du meurtre de M. Kakule Katsuva Patrick.
Le corps du président de la société civile du Congo dans cette partie de Beni a été retrouvé tôt le matin, non loin de son domicile. Selon un voisin, la piste d’un assassinat par balles est privilégiée.
Selon le Parlement des jeunes de Beni, l’annonce du drame a immédiatement provoqué une manifestation spontanée dans le quartier. Les manifestants se dirigeaient vers l’hôtel de ville de Beni.
« C’est une manifestation spontanée suite à l’assassinat du président de la société civile du Congo au quartier Mambango », précise Don Sekanabo, président du Parlement des jeunes de Beni.
Des jeunes en colère ont érigé des barricades, brûlé des pneus et réclamé justice. Les forces de l’ordre ont été déployées pour disperser les attroupements et sécuriser la zone.
Ce nouveau meurtre intervient dans un contexte marqué par la montée de la criminalité urbaine à Beni. Braquages, assassinats ciblés et vols à main armée se multiplient ces dernières semaines, alimentant la peur et la méfiance de la population envers les services de sécurité.
Les acteurs locaux pointent du doigt la porosité des quartiers et le manque de moyens de la police de proximité pour faire face à cette dérive. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des patrouilles mixtes et un meilleur renseignement communautaire.
Risque sanitaire : la crainte d’Ebola
Au-delà de l’insécurité, les autorités sanitaires craignent un autre effet collatéral : le risque de contamination. Les attroupements massifs observés ce mercredi, sans mesures de distanciation ni protection, font redouter une possible propagation du virus Ebola.
La ville de Beni, déjà frappée par plusieurs épidémies par le passé, reste sous surveillance épidémiologique. Les équipes de riposte appellent la population à éviter les rassemblements et à respecter les gestes barrières, même en période de colère.
Si rien n’est fait pour stopper la montée de la criminalité urbaine, Beni risque de basculer dans une spirale de violences où le deuil de quelques-uns devient le danger de tous.







