Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a adressé une lettre ouverte au président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, à l’occasion de la célébration de l’indépendance du 30 juin.
Dans cette lettre, il dresse un constat critique de la situation politique et sécuritaire du pays.
Dans son message, Denis Mukwege estime qu’il n’y a pas matière à célébration.
« Je ne vous écris pas pour vous souhaiter une bonne fête nationale car il n’y a rien à célébrer : la Nation est en crise existentielle », écrit-il. Le prix Nobel revient sur l’arrivée au pouvoir du chef de l’État en 2019.
« Quand vous êtes arrivé au pouvoir en janvier 2019, fraîchement débarqué de Bruxelles, j’avais délibérément adopté une certaine réserve en tant que patriote pour vous donner une chance », affirme-t-il dans sa lettre.
Denis Mukwege aborde aussi les dynamiques politiques ayant marqué le début du mandat de Félix Tshisekedi.
« Je n’avais pas insisté sur le fait que vous étiez arrivé à la magistrature suprême à la suite d’un accord secret et que votre entrée en fonction faisait perdurer une crise de légitimité », ajoute-t-il.
Il critique également les recompositions politiques intervenues par la suite.
« Quand vous avez décidé de mettre fin à l’alliance CACH-FCC… vous avez constitué une nouvelle coalition, l’Union sacrée de la Nation », poursuit-il, estimant que cette coalition est davantage liée à des considérations politiques qu’à une vision de gouvernance.
La déclaration du prix Nobel de la paix Denis Mukwege intervient alors que le régime de Félix Tshisekedi est aujourd’hui critiqué pour sa gestion à la tête de la RDC depuis 2018.
Alors que le président Tshisekedi a défendu, dans son discours du 30 juin, le fonctionnement des institutions et sa saisine de la Cour constitutionnelle sur la loi référendaire, d’autres acteurs politiques proposent des lectures divergentes de la situation du pays.

