Face à un environnement sécuritaire qu’il juge de plus en plus préoccupant, le commandant de la 22ᵉ Région militaire, le général Eddy Kapend, a ordonné un renforcement immédiat de l’état de préparation des forces armées et de la police déployées dans l’espace Grand Katanga.
Le message a été délivré lundi 15 juin 2026 à l’occasion d’une parade militaire organisée à Lubumbashi, dans un contexte marqué par les tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo.
Devant les unités des FARDC et de la Police nationale congolaise, le haut responsable militaire a rappelé que la mission première des forces de sécurité demeure la protection de l’intégrité territoriale et la défense de la souveraineté nationale.
Il a insisté sur la discipline, présentée comme le pilier essentiel de toute armée efficace et professionnelle.
Au-delà de cet appel à la rigueur, le général Kapend a adressé une mise en garde ferme contre les comportements déviants observés au sein de certains services de sécurité.
Corruption, tracasseries administratives, vols à main armée et autres abus commis avec des armes de guerre ont été dénoncés comme des actes incompatibles avec les valeurs et les responsabilités des forces de défense.
Le commandement militaire a également réaffirmé sa politique de tolérance zéro envers les auteurs de ces infractions, promettant des sanctions exemplaires afin de restaurer la crédibilité et l’éthique des institutions sécuritaires.
Évoquant la situation sécuritaire nationale, Eddy Kapend a souligné que la RDC reste confrontée à des défis internes nécessitant une vigilance permanente.
Dans ce cadre, il a exhorté militaires et policiers à renforcer leur loyauté envers la nation et à rejeter toute forme de trahison, de tribalisme ou de régionalisme susceptible d’affaiblir la cohésion des forces.
L’officier supérieur a ainsi appelé l’ensemble des garnisons relevant de la 22ᵉ Région militaire à se tenir prêtes à toute éventualité.
Cette zone stratégique couvre les provinces du Haut-Katanga, du Lualaba, du Haut-Lomami et du Tanganyika, un vaste espace considéré comme essentiel pour la stabilité du sud-est du pays.
Cette montée en alerte dans un contexte de préparation face aux risques sécuritaires qui continuent de peser sur l’espace Grand Katanga.
Au-delà des affrontements dans l’est de la RDC entre les Twirwaneho, alliés à l’AFC-M23, dans le territoire de Fizi, voisin du Tanganyika dans l’espace Grand Katanga, la menace de l’ADF (Forces démocratiques alliées) s’est étendue de l’Ituri vers la province voisine du Haut-Uélé, dans le nord-est de la RDC.
Les rebelles ougandais ont franchi les limites provinciales pour s’infiltrer dans les territoires de Watsa et de Wamba.
Des exactions contre les civils et des massacres ont été rapportés dans plusieurs localités de la chefferie de Kebo et dans le village de Mboka Sika. Cet activisme soudain provoque une fuite massive de civils. On dénombre plus de 28 000 déplacés internes dans la province du Haut-Uélé, dont environ 7 000 ont trouvé refuge dans la ville d’Isiro, notamment sur le site de Gosamu.
Le récent rapport de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale dresse un état des lieux de la situation sécuritaire nationale en intégrant des alertes critiques sur la résurgence et les mutations de l’activisme rebelle dans l’espace Grand Katanga.
Le rapport prend directement en compte les récents bouleversements survenus sur le terrain, marqués par l’apparition d’une nouvelle structure armée : le Mouvement Debout Katanga pour la Libération du Congo (MDKC). Ce nouveau groupe a mené une incursion sanglante au quartier général du Parc national de l’Upemba (Lusinga). L’attaque a causé la mort de plusieurs civils et éco-gardes, ainsi que le pillage de stocks d’armes et de munitions.

