Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé mardi avoir obtenu l’engagement des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), ces rebelles hutus rwandais accusés du génocide contre les Tutsi en 1994, à un processus de désarmement, démobilisation et cantonnement.
Une étape présentée à Kinshasa comme un signal majeur vers la stabilisation de l’est du pays.
Kigali, de son côté, rejette catégoriquement cette annonce et accuse les autorités congolaises de chercher à contourner leurs engagements sécuritaires.
L’annonce a été faite mardi à Kinshasa par le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, qui a indiqué que les FDLR avaient signé un protocole ouvrant la voie à leur démilitarisation progressive.
Selon lui, cette avancée répond aux engagements pris par la RDC dans le cadre des efforts diplomatiques en cours pour mettre fin aux tensions régionales.
« Les FDLR se sont engagées d’abord, dans une première phase, à accepter une démilitarisation, une démobilisation suivie d’un cantonnement. La première condition est que cette démobilisation et ce cantonnement se fassent dans des camps suffisamment sécurisés et viables », a déclaré Floribert Anzuluni.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a qualifié cette évolution de « tournant majeur » dans la gestion du dossier FDLR. « Conformément aux accords de Washington et au Conops qui y est rattaché, les FDLR ont signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement par la sensibilisation », a-t-il affirmé.
Un processus hors norme de l’accord de Washington selon Kigali
Sur son compte X, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a dénoncé un accord qu’il considère comme sans valeur juridique dans le cadre des engagements internationaux.
« La signature de ce prétendu protocole entre le père (gouvernement congolais), le fils (FDLR), et le mauvais esprit (l’idéologie du génocide) n’est en rien conforme aux Accords de Washington », a-t-il déclaré.
Pour le chef de la diplomatie rwandaise, les FDLR ne constituent pas une partie prenante aux accords de paix, mais plutôt une question sécuritaire à traiter.
Il accuse Kinshasa de vouloir gagner du temps et d’éviter l’application des mesures prévues dans le cadre du processus diplomatique.
Au-delà du désaccord politique, l’enjeu central reste la mise en œuvre concrète du processus annoncé.
Selon l’esprit de l’accord de Washington, Kinshasa doit neutraliser les FDLR présentes sur son territoire. Mais depuis, selon les organisations de la société civile, aucune opération n’a été lancée.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères affirme que, depuis les Accords de Washington du 4 décembre 2025, Kinshasa a renforcé son soutien militaire aux FDLR, dont certains éléments seraient intégrés dans l’armée congolaise.
Il accuse également le gouvernement congolais d’accélérer leur structuration politique avec l’appui de figures liées à l’ancien régime vivant en Europe, dont Jean-Luc Habyarimana, Fabien Singaye, Thomas Nahimana et Thadée Kwitonda.

