Dans la ville de Lubumbashi, capitale cuprifère de la République démocratique du Congo, certaines réalités contrastent avec son statut de métropole économique du pays. Au quartier Mulao Hernica, situé dans la commune Annexe, des centaines d’habitants continuent de dépendre des pirogues pour traverser la rivière Lubumbashi, faute d’infrastructures routières adéquates.
Chaque jour, élèves, commerçants, travailleurs et riverains empruntent ce moyen de transport artisanal pour rejoindre l’autre rive. Une situation qui illustre les difficultés auxquelles fait face une partie de la population malgré le développement que connaît la ville.
En cette période de saison sèche, le coût de la traversée est fixé à 500 francs congolais par personne. Toutefois, lorsque la saison des pluies gonfle les eaux de la rivière et rend la traversée plus risquée, le tarif grimpe à entre 1 000 et 1 500 francs congolais.
« Une course revient à 500 francs congolais. Dans une pirogue, nous pouvons embarquer jusqu’à dix personnes. Les clients viennent chaque jour parce qu’ils n’ont pas d’autre moyen de traverser », explique Pascal, jeune conducteur de pirogue âgé d’une douzaine d’années.
Pour les habitants de Mulao Hernica, cette situation dure depuis trop longtemps. Ils estiment qu’un pont permettrait non seulement de faciliter les déplacements, mais aussi de renforcer les échanges économiques et sociaux entre les deux rives.
« Nous demandons au gouvernement provincial de nous construire un pont à cet endroit afin de permettre à la population de traverser aisément et en toute sécurité », plaide Faustin, habitant du quartier.
Selon une source proche du gouvernorat du Haut-Katanga, le projet de construction d’un pont dans cette zone figure déjà parmi les dossiers examinés par les autorités provinciales. Sa validation pourrait intervenir dans les prochains mois, suscitant l’espoir des riverains.
En attendant la concrétisation de cette promesse, les habitants continuent de braver quotidiennement les eaux de la rivière Lubumbashi à bord de pirogues, symbole d’une réalité paradoxale au cœur de l’une des villes les plus riches et les plus peuplées de la République démocratique du Congo.

