L’épidémie d’Ebola gagne du terrain en République démocratique du Congo. Face à une situation jugée préoccupante, Médecins Sans Frontières intensifie sa riposte dans plusieurs provinces de l’Est du pays, où les cas continuent d’augmenter dans un contexte déjà fragile.
Depuis le 1er juin 2026, MSF renforce ses interventions aux côtés du ministère de la Santé dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’épidémie, causée par le virus Bundibugyo, évolue dans un environnement marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et un accès limité aux soins.
L’Ituri reste l’épicentre de la crise, concentrant plus de 90 % des cas suspects. Au total, près de 300 cas confirmés, plus de 900 cas suspects et plus de 50 décès ont déjà été signalés.
Cependant, ces chiffres pourraient être sous-estimés en raison du manque de tests et des difficultés d’accès à certaines zones.
Pour faire face, MSF a mis en place plusieurs centres de traitement d’Ebola, notamment à Mongbwalu et Bunia, et soutient les structures de santé locales pour l’isolement et la prise en charge des cas.
D’autres installations sont également opérationnelles au Nord-Kivu, notamment à Goma, ainsi qu’au Sud-Kivu à Bukavu et Lwiro.
Mais la réponse reste freinée : « Nous travaillons dans un contexte particulièrement difficile », explique Ewald Stals, représentant de MSF en RDC.
Les restrictions de déplacement, le manque de capacités de dépistage et l’insuffisance des structures d’isolement ralentissent les efforts et alimentent la peur au sein des communautés.
En parallèle, MSF intensifie les actions de prévention : sensibilisation des populations, surveillance épidémiologique, mise en place de systèmes d’alerte et collaboration avec les leaders communautaires pour encourager le signalement rapide des cas suspects.
Alors que l’épidémie évolue rapidement, MSF appelle à une mobilisation urgente et renforcée.
Car, au-delà d’Ebola, d’autres urgences sanitaires persistent.
Dans ce contexte critique, l’enjeu est double : contenir le virus tout en garantissant l’accès aux soins essentiels pour des populations déjà vulnérables.
Kethia Rugamika

