Une coalition de mouvements citoyens accuse les élus nationaux d’inaction face à une crise sécuritaire persistante.
Dans un communiqué publié ce lundi 25 mai, 12 mouvements citoyens dressent un tableau alarmant de la situation sécuritaire, économique et humanitaire dans la province du Sud-Kivu.
Douze mouvements citoyens, dont la LUCHA, expliquent que la population vit depuis plus d’un an une dégradation continue de ses conditions de vie, avec une économie paralysée, un système bancaire défaillant et des circuits commerciaux à l’arrêt.
Les mouvements dénoncent avec fermeté l’attitude des 32 députés nationaux du Sud-Kivu, qu’ils accusent de passivité et d’éloignement des réalités locales, alors qu’ils siègent à Kinshasa.
Ils estiment que ces derniers n’ont ni exercé un contrôle efficace sur le gouvernement, ni porté un plaidoyer à la hauteur de la crise.
Ils décrivent ainsi une province abandonnée à elle-même : « notre province s’enfonce dans une précarité continue et insoutenable, le tissu économique est exsangue, le système bancaire est inopérant, les frontières avec nos voisins sont hermétiquement closes, les circuits commerciaux sont anéantis et la détresse existentielle s’est muée en condition ordinaire ».
S’en prenant directement aux élus, ils dénoncent une attitude qu’ils qualifient de renoncement à leur mission : une désertion civique et un mutisme abject et coupable, accusant certains de privilégier des loyautés politiques au détriment du mandat populaire.
Les mouvements critiquent également toute initiative de révision constitutionnelle attribuée au président Félix Tshisekedi, estimant qu’elle détourne l’attention des priorités nationales.
Ils jugent inacceptable une telle démarche dans le contexte actuel : « il est indécent et subversif de vouloir amender ou changer la loi fondamentale alors que l’intégrité territoriale est violée ».
À travers ce communiqué, les mouvements exigent notamment une prise de position claire des élus sur les enjeux constitutionnels, un contrôle parlementaire rigoureux, un retour à leur rôle de porte-voix des populations et une transparence dans la gestion des ressources destinées à la province.
Ils lancent un avertissement sans équivoque, affirmant que le peuple se souvient, qu’il documente et qu’il jugera, tout en martelant que le Sud-Kivu ne se monnaye pas et qu’il se dresse.
Kethia Rugamika

