Les combattants de l’AFC-M23 se sont retirés de plusieurs positions stratégiques de la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, dont la cité de Sange. À la suite de ce retrait, les Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés Wazalendo ont récupéré ces localités, selon des sources concordantes.
L’AFC-M23 n’a pas communiqué sur le retrait de ses troupes observé depuis le 11 mai 2026 dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.
Après avoir quitté Sange, les éléments de l’AFC-M23 se sont repositionnés vers Luvungi, à environ soixante kilomètres au nord d’Uvira, sur l’axe menant à Kamanyola, selon une source de la société civile locale.
Outre Sange, le retrait concerne également plusieurs localités clés de la plaine de la Ruzizi, notamment Kabunambo, Mutarule, Luberizi, Bwegera, ainsi que les zones de Lemera et Mulenge dans les hauts plateaux.
Dans la foulée, les FARDC ont annoncé avoir déployé leurs éléments dans la zone. Des unités d’élite de l’armée congolaise et des miliciens Wazalendo ont été visibles dans la région, notamment autour du pont de Sange, corridor essentiel reliant Uvira à Bukavu.
Alors que les lignes de front évoluent rapidement, l’AFC-M23 accuse les forces pro-Kinshasa de mener des représailles contre des civils dans plusieurs localités de la périphérie d’Uvira.
Dans un communiqué publié lundi sur le réseau social X, le porte-parole du mouvement, Laurence Kanyuka, a dénoncé ce qu’il qualifie de “chasse à l’homme” visant des populations civiles dans la plaine de la Ruzizi.
Selon lui, un éleveur de bétail identifié comme Majagira Noah a été tué lundi 11 mai à Tikemesho, dans la localité de Luberizi, lors d’une attaque attribuée aux forces alliées aux FARDC.
« Depuis la nuit du dimanche 10 mai 2026, une véritable chasse à l’homme est menée contre les populations civiles dans la périphérie de la ville d’Uvira, à Luberizi ainsi que dans les localités environnantes », a affirmé Laurence Kanyuka.
Le porte-parole de l’AFC-M23 évoque également des actes de “persécution”, de “terreur” et “d’épuration ethnique ciblée” contre certaines communautés locales.
Les autorités de Kinshasa n’ont pas encore officiellement réagi à ces déclarations au moment de la publication.
Malgré les mouvements de repositionnement observés ces dernières heures, la situation demeure extrêmement volatile dans la plaine de la Ruzizi et sur l’ensemble de l’axe Uvira–Kamanyola.
Les habitants rapportent des déplacements de populations, des mouvements intensifs de troupes et une crainte persistante de nouveaux affrontements entre les belligérants.

