Le ministre des Affaires étrangères de la République du Rwanda a déploré, le week-end dernier, dans une déclaration, le silence de la communauté internationale et de la Mission onusienne en RDC face aux « crimes du gouvernement de la République du Congo ».
Oliver Nduhungirehe l’a dit le lendemain de l’attaque de drones de l’armée congolaise à Mushaki, à quarante kilomètres de Goma, qui a fait 20 morts et une soixantaine de blessés parmi la population civile, selon Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFCM23.
Olivier Nduhungirehe rappelle que le 2 janvier 2026, des drones d’attaque des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont frappé Masisi-centre, au Nord-Kivu (zone contrôlée par l’AFC/M23), tuant au moins 10 civils et blessant 50 autres.
La MONUSCO, selon Olivier Nduhungirehe, avait « condamné » cet acte sans toutefois nommer ses auteurs (que les services de renseignement de la MONUSCO avaient pourtant – et facilement – bien identifiés), se limitant à demander une « enquête », qui n’a jamais vu le jour.
Il ajoute que la même situation s’est répétée : le 11 mars 2026, des drones d’attaque des FARDC ont encore frappé, cette fois-ci à Goma (aux mains de l’AFC/M23), tuant l’humanitaire française Karine Buisset de l’UNICEF, ainsi que deux autres civils.
« Parmi les condamnations générales et vagues de la communauté internationale, figure celle de la MONUSCO, qui avait dénoncé un “crime de guerre”, mais sans jamais nommer les auteurs de ce crime, que les enquêtes internes de la MONUSCO avaient naturellement identifiés », peut-on lire sur le compte X d’Olivier Nduhungirehe.
Il précise que le 8 mai 2026, les drones meurtriers des FARDC ont visé la localité de Mushaki. Encore une fois, la MONUSCO était au rendez-vous pour « condamner » cet acte, tout en protégeant les auteurs de ce crime, qui sont leurs alliés.
« Et tout ceci, sans même mentionner les attaques quotidiennes des drones des FARDC à Minembwe et sur d’autres localités au Sud-Kivu, qui détruisent des familles et des villages banyamulenge, ainsi que leur bétail », a renchéri le patron de la diplomatie rwandaise.
« Combien d’attaques meurtrières des drones des FARDC contre des civils congolais faut-il pour que la MONUSCO et la communauté internationale tapent du poing sur la table et tiennent pour responsable le président Félix Tshisekedi et son armée meurtrière ? », s’est interrogé Olivier Nduhungirehe.
« Ou bien tout ceci donne finalement tout son sens à la fameuse expression : “les minerais du sang” ? », a-t-il conclu.
La déclaration du Rwanda sur les attaques de drones des FARDC contre les positions de l’AFC-M23 dans l’est de la RDC intervient après celle des États-Unis, qui a condamné les massacres près d’Uvira et l’attaque des drones à Mushaki.




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