Human Rights Watch a accusé, mardi 14 avril 2026, les Forces armées congolaises et leurs alliés, les milices Wazalendo, d’imposer un blocus humanitaire dans les hauts plateaux de la province du Sud-Kivu, dans l’est du pays.
Dans son nouveau rapport, HRW affirme que les forces gouvernementales et leurs milices empêchent l’accès aux humanitaires dans la région et refusent tout déplacement hors de la zone.
« Les forces armées congolaises et les groupes armés présents dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu entravent l’acheminement de l’aide humanitaire et empêchent les civils de fuir les combats dans l’est de la République démocratique du Congo », a déclaré Human Rights Watch.
HRW appelle le Conseil de sécurité des Nations unies, qui doit se réunir sur la situation en RDC le 15 avril 2026, à demander à toutes les parties belligérantes de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et le passage sécurisé des civils, et à envisager de nouvelles sanctions contre les commandants responsables d’exactions.
« Les civils des Hauts Plateaux du Sud-Kivu sont confrontés à une crise humanitaire grave et vivent dans la crainte des exactions commises par toutes les parties. Il faut accorder davantage d’attention à ce conflit largement sous-médiatisé, sinon cette situation déplorable ne fera qu’empirer », a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch.
L’ONU a qualifié de « sévères » les restrictions humanitaires pesant sur l’accès aux hauts plateaux du Sud-Kivu, une zone couvrant certaines parties des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira.
Selon Human Rights Watch, depuis la prise de Minembwe par le M23 et le Twirwaneho en mars 2025, la zone est encerclée par les forces congolaises et leurs alliés. Les combats en cours ont gravement affecté l’acheminement de l’aide humanitaire et contribué à des pénuries alimentaires dans la ville.
« Les organisations humanitaires n’ont pratiquement pas accès à la région depuis plus d’un an. Les établissements médicaux souffrent d’une grave pénurie de médicaments et de produits de première nécessité. Le manque de produits de base tels que le sucre et le sel a poussé les prix à la hausse, qui sont désormais cinq fois plus élevés que dans d’autres villes du Sud-Kivu », a alerté Human Rights Watch.
Cette organisation internationale affirme que des combattants Wazalendo ont également harcelé et attaqué des personnes, notamment des membres de la communauté banyamulenge, selon des témoignages de résidents et des rapports des médias.
Des combattants Wazalendo, y compris le groupe armé dirigé par William Yakutumba, ont arbitrairement arrêté et détenu des personnes accusées de soutenir le M23.
Pour Human Rights Watch, toutes les parties au conflit dans le Sud-Kivu devraient respecter pleinement le droit de la guerre.
L’organisation indique que les autorités congolaises ont l’obligation d’enquêter et de poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre commis par leurs forces ou sur leur territoire.
« Les autorités congolaises devraient contrôler la coalition Wazalendo et mener des enquêtes impartiales ainsi que poursuivre en justice tous les responsables d’abus graves, y compris ceux qui entravent l’acheminement de l’aide. Les gouvernements concernés devraient exhorter de toute urgence les parties belligérantes à prendre toutes les précautions possibles pour minimiser les dommages causés aux civils et faciliter l’acheminement de cette aide vitale », a conclu Clémentine de Montjoye.
L’alerte de Human Rights Watch intervient alors que la situation humanitaire et sécuritaire dans les hauts plateaux de Minembwe est alarmante. La société civile locale plaide pour l’ouverture d’un corridor humanitaire afin de permettre aux civils d’accéder aux produits de première nécessité et aux médicaments.
Pour Human Rights Watch, la MONUSCO devrait envisager de reprendre ses activités dans le Sud-Kivu en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU de décembre 2025, permettant la reprise de ses missions de surveillance et de vérification du cessez-le-feu.

