Le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole des opérations contre la milice Mobondo dans la province du Kwango, a été rappelé à Kinshasa par sa hiérarchie, selon des sources fiables.
Ce rappel intervient quelques jours après ses déclarations publiques accusant des proches du président Félix Tshisekedi de soutenir cette milice, qualifiée de rébellion bien organisée par l’armée congolaise.
Lors d’une sortie médiatique la semaine dernière, le capitaine Mualushayi avait affirmé : « Nous avons des informations sur certains contacts entre les mouvements rebelles dans l’est de la RDC et les Mobondo. Le danger est que beaucoup de ceux qui soutiennent Mobondo sont des figures proches de la présidence. Le jour, ils apparaissent comme des citoyens ordinaires ; la nuit, ils commandent les Mobondo. »
Selon lui, la milice Mobondo entretient également des relations avec des groupes armés opérant dans l’est du pays et aurait rebaptisé plusieurs villages à Kwamouth, témoignant d’une organisation structurée.
Ces révélations avaient suscité un large écho, à la fois au sein de l’armée et dans les cercles politiques.
Le rappel du capitaine Mualushayi survient dans un contexte sensible, quelques jours après la suspension du Général-Major Sylvain Ekenge, également porte-parole des FARDC.
La décision de suspendre le général faisait suite à des propos jugés stigmatisants envers la communauté tutsie et incompatibles avec les valeurs républicaines.
Le président Tshisekedi avait alors rappelé que « toute expression publique émanant d’un responsable engage l’État et doit être guidée par la retenue, le sens des responsabilités et l’intérêt supérieur de la République ».

