Les autorités du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire présidé par l’ancien président congolais Joseph Kabila, ont rencontré vendredi 6 novembre 2026, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, des acteurs du système humanitaire.
Les discussions ont porté sur la dégradation de la situation dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu.
À l’issue de cette rencontre, le vice-président du FRN, Corneille Nangaa, a alerté sur les pénuries alimentaires et les difficultés d’approvisionnement dans cette région.
Il a appelé à l’ouverture urgente d’un corridor humanitaire pour permettre l’acheminement de vivres et de produits de première nécessité aux populations.
« La situation est d’autant plus grave. Cela fait plus de quatre mois que des personnes meurent à Minembwe, non plus sous les balles, mais à cause de la famine », a déclaré Corneille Nangaa à la presse.
Le responsable du FRN a attribué cette situation à un blocus qu’il impute au pouvoir de Kinshasa et à ses alliés militaires, citant notamment l’armée burundaise, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les FARDC, des mercenaires et les groupes Wazalendo.
« À ce jour, il n’y a plus de sel, de savon, d’huile ni de nourriture. Il n’y a pratiquement plus rien à manger », a-t-il affirmé.
Corneille Nangaa a également rapporté le décès de deux femmes qui venaient d’accoucher et qui ont quitté leur domicile pour chercher de quoi se nourrir, les marchés étant, selon lui, situés à plusieurs kilomètres.
« Les deux se sont effondrées de faim. On les a transportées sur des tipoyes pour les ramener, mais elles n’ont pas pu être sauvées. Elles sont mortes. Aujourd’hui, c’est la catastrophe », a-t-il déclaré.
À l’issue de la rencontre avec les acteurs humanitaires, Corneille Nangaa a indiqué que son mouvement souhaitait faciliter l’acheminement de l’aide et préserver le processus de paix engagé à Doha.
« Nous avons fait venir la communauté humanitaire pour lui demander de jouer son rôle, car cela relève aussi de l’intérêt du processus de paix de Doha. Nous avons donné toutes les garanties nécessaires pour que le corridor humanitaire soit effectif et permette de sauver des vies humaines », a-t-il affirmé.
Parmi les propositions formulées, le FRN souhaite notamment la reprise des convois humanitaires par voie routière pour desservir les hauts plateaux.
En cas de difficultés d’accès terrestre, le mouvement évoque des opérations aériennes à destination de l’aérodrome de Minembwe ou le largage de vivres et de produits de première nécessité.
Corneille Nangaa a présenté l’ouverture de ce corridor comme une mesure nécessaire à la préservation du processus de paix de Doha, tout en mettant en garde contre une éventuelle absence de réponse humanitaire.
« Nous voulons sauver le processus de Doha, mais nous avertissons que nos capacités sont intactes. Nous ne voulons pas qu’on nous amène à utiliser d’autres moyens qui nous feraient sortir du cadre de ce processus », a-t-il déclaré.







