Bertrand Bisimwa, vice-président du Front pour la refondation de la nation (FRN), a accusé, mardi 27 octobre 2026, le président Félix Tshisekedi de chercher à imposer sa loyauté aux députés et sénateurs de l’Union sacrée, sa plateforme politique. Les menaces du président Félix Tshisekedi ont été proférées lors d’une rencontre organisée le samedi 24 octobre 2026 à Kinshasa. Dans une interview exclusive accordée à Kivu Morning Post, il a également appelé les parlementaires à engager une procédure de destitution contre le chef de l’État, qu’il accuse de remettre en cause la Constitution.
Pour Bertrand Bisimwa, les élus ont été invités à exprimer leur loyauté envers le président, leur soutien aux Forces armées de la RDC (FARDC) et leur condamnation du FRN, un mouvement politico-militaire dont il est l’un des responsables.
« Nous avons appris que Tshisekedi a convoqué les députés et sénateurs pour requérir d’eux trois choses : la loyauté à sa personne, le soutien à sa coalition militaire des FARDC et la condamnation formelle du Front pour la refondation de la nation (FRN) », a déclaré Bertrand Bisimwa à Kivu Morning Post.
« Cela signifie qu’il se rend de plus en plus compte que personne ne lui est plus loyal. Il veut donc obtenir des élus du peuple une loyauté commandée », a-t-il ajouté.
Le vice-président du FRN a également critiqué la conduite des opérations militaires dans l’est du pays, accusant les forces engagées dans ces opérations de commettre des exactions contre les civils.
« Lorsque sa coalition militaire se caractérise par des exactions contre les populations civiles innocentes qu’elle prétend protéger, des défections massives s’ensuivent », a-t-il dénoncé.
Bertrand Bisimwa a ensuite mis en cause les déclarations de Félix Tshisekedi concernant son appréciation de la Constitution, après que le président a évoqué son rejet personnel du texte fondamental et la possibilité de le modifier.
« Le rapport à la Constitution ne relève pas de l’affection. Ce n’est pas une histoire d’amour. Ce qui l’oblige, c’est le serment qui le lie et les règles que la République lui impose », a-t-il déclaré.
Estimant que ces propos remettent en question les obligations constitutionnelles du chef de l’État, Bertrand Bisimwa a appelé les parlementaires à agir.
« De ce fait, les parlementaires, au lieu d’applaudir, devraient engager une procédure de destitution pour haute trahison », a-t-il soutenu.
Le responsable du FRN a par ailleurs accusé le président de vouloir modifier la Constitution pour l’adapter à ses propres ambitions.
« Il apparaît que son arrière-pensée, en voulant changer la Constitution, est de se forger une Constitution qu’il aime et qui soit taillée à sa mesure », a-t-il affirmé.
Il a également accusé Félix Tshisekedi de privilégier la confrontation militaire au détriment des négociations visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC.
Concernant la perquisition de la résidence de Félix Tshisekedi à Bruxelles, Bertrand Bisimwa a évoqué une « caverne d’Ali Baba » et dénoncé ce qu’il qualifie de pillage des ressources naturelles du pays, sans apporter d’éléments permettant d’étayer ces accusations dans l’interview.







