Le journaliste congolais Claude Pero Luwara, réfugié en Belgique depuis 2022, affirme que la police belge lui a demandé de mettre fin à ses activités journalistiques ou de ne plus critiquer le pouvoir de Kinshasa.
La dernière agression remonte au 3 septembre à Tirlemont, où trois hommes masqués l’auraient attaqué avec des marteaux, le frappant notamment à la tête.
Lors d’une conférence de presse tenue samedi 19 septembre à Bruxelles, Pero Luwara a affirmé que les autorités belges lui demanderaient d’arrêter son travail journalistique, présenté comme « conflictogène ».
Il affirme également qu’on lui aurait demandé de ne plus critiquer le gouvernement congolais.
« On me demande, par la police belge, d’arrêter ce travail. On me dit que ce travail est conflictogène. Et ils m’ont dit : si vous pouvez le faire, arrêtez de critiquer le gouvernement de Kinshasa », a-t-il déclaré.
L’ancien journaliste de Digital Congo estime que les pressions dont il dit faire l’objet pourraient être liées à ses origines, sa nationalité ou sa couleur de peau. Il demande à la justice belge de s’expliquer sur sa situation.
« Où est le problème ? Est-ce mes origines ? Ou ma couleur de peau ? Il faut que la justice m’explique. Parce que, ce qui m’arrive, si des journalistes de la RTBF subissaient cette même agression, est-ce que la Belgique aurait permis des démêlés à ces journalistes-là ? », s’est-il interrogé.
Pero Luwara affirme également ne pas comprendre pourquoi la police lui demanderait, selon lui, d’arrêter son travail de journaliste. Il compare sa situation à celle des journalistes belges.
« Est-ce que la police a déjà demandé à un journaliste belge d’arrêter son travail de journaliste ? Non, ils ne le font pas », a-t-il déclaré.
Le journaliste dit ainsi s’interroger sur une éventuelle discrimination liée à son identité : « Est-ce une discrimination qui serait peut-être liée à ma couleur de peau, à ma nationalité, à mes origines ou je ne sais quoi ? C’est la question que je pose », a-t-il affirmé.
En République démocratique du Congo, Pero Luwara fait l’objet de poursuites et de recherches. En mars 2025, le ministère de la Justice avait annoncé une récompense de 4 millions de dollars américains pour toute information permettant son arrestation.
Le ministère l’accusait notamment d’être lié à l’AFC/M23.
Le journaliste, qui bénéficie du statut de réfugié en Belgique, est connu pour ses critiques du pouvoir de Kinshasa. Son avocat avait également affirmé que l’une des agressions précédentes dont il avait été victime était organisée et commanditée.







