En République démocratique du Congo, les acteurs humanitaires font face à une situation sécuritaire de plus en plus préoccupante. Entre janvier et juin 2026, 243 incidents ont touché le personnel humanitaire, faisant six morts, selon les Nations unies.
L’usage croissant des drones dans l’est du pays ajoute une nouvelle menace pour les civils comme pour les équipes d’aide.
L’AFC-M23 accuse régulièrement le gouvernement de Kinshasa et les Forces armées de la RDC (FARDC) d’utiliser des drones d’attaque pour mener des frappes aveugles ou ciblées dans des zones habitées et densément peuplées de l’Est de la République démocratique du Congo, notamment à Goma et dans le territoire de Masisi.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée chaque 19 août, les Nations unies ont rendu hommage aux femmes et aux hommes qui interviennent auprès des populations frappées par les conflits, les déplacements forcés, les épidémies ou encore les catastrophes.
En RDC, cette journée intervient dans un contexte particulièrement difficile. Dans l’est du pays, les hostilités se poursuivent entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23.
Dans plusieurs zones, l’insécurité complique fortement l’accès aux populations qui ont besoin d’assistance.
Damien Mama, représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies, coordonnateur résident et coordonnateur humanitaire par intérim en RDC, a souligné le rôle essentiel joué quotidiennement par les travailleurs humanitaires.
« Nous sommes le 19 août, Journée mondiale de l’aide humanitaire. Aujourd’hui, nous rendons hommage à toutes celles et tous ceux qui choisissent, chaque jour, de servir l’humanité, parfois au péril de leur vie. En RDC, les travailleurs humanitaires sont présents là où les besoins sont les plus urgents. Ils viennent en aide aux populations touchées par les conflits, les déplacements forcés, les épidémies et les catastrophes. Ils apportent de l’aide vitale, ils apportent de la dignité, et ils apportent de la solidarité et de l’espoir. Mais leur mission est de plus en plus difficile », a déclaré, ce mercredi 19 août, le Béninois Damien Mama.
Pour le responsable onusien, la protection du personnel humanitaire constitue désormais l’un des principaux défis de l’aide en RDC. L’évolution des méthodes de combat fait notamment apparaître de nouveaux dangers.
Le recours de plus en plus fréquent aux drones dans l’est du pays inquiète particulièrement les Nations unies. Ces appareils exposent davantage les populations civiles et les humanitaires, tout en rendant plus complexe l’acheminement des secours.
« Dans l’est de la République démocratique du Congo, les violences continuent d’alimenter l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. L’utilisation croissante de drones expose davantage les civils et les travailleurs humanitaires et complique l’acheminement de l’aide », a-t-il fait remarquer dans son discours.
Les chiffres communiqués par l’ONU donnent la mesure des risques encourus par les équipes présentes sur le terrain. 243 incidents ont affecté le personnel humanitaire au cours des six premiers mois de 2026, entraînant la mort de six travailleurs humanitaires.
« Entre janvier et juin 2026, 243 incidents ont affecté le personnel humanitaire en RDC, coûtant la vie à six travailleurs humanitaires. Aujourd’hui, nous honorons leur mémoire. À cette situation s’ajoute aujourd’hui la résurgence de la maladie à virus Ebola, qui aggrave encore la vulnérabilité de millions de personnes », a-t-il fait savoir dans son message.
Des attaques de drones menées par les FARDC en mars dans le quartier résidentiel Himbi de Goma ont notamment causé la mort de civils et d’une employée humanitaire de l’Unicef. Les responsables de l’AFC-M23 affirment que ces opérations aériennes cherchent à éliminer les cadres du mouvement politico-militaire sous couvert d’opérations militaires.
L’ONU a de son côté mis en garde contre l’utilisation croissante d’armes explosives et de drones dans les zones densément peuplées, soulignant le danger accru pour les civils et le personnel humanitaire.







