Le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a accusé mercredi 18 août 2026 les autorités de Kinshasa d’« irresponsabilité » dans la gestion de l’épidémie d’Ebola, appelant à une mobilisation nationale face à une crise sanitaire qu’il juge « extrêmement préoccupante ».
« La crise sanitaire est inquiétante. L’épidémie d’Ebola atteint des proportions extrêmement préoccupantes à cause de l’irresponsabilité du régime de Kinshasa », a déclaré Corneille Nangaa dans une adresse à la nation diffusée mercredi 18 août.
Selon lui, l’épidémie « endeuille des milliers de familles » et continue de progresser dans plusieurs provinces, particulièrement dans l’est de la RDC.
Le responsable de l’AFC/M23 affirme que les territoires sous administration de son mouvement ont adopté une stratégie permettant, selon lui, de contenir la première vague de l’épidémie.
« Dans les territoires sous administration de l’AFC/M23, nous avons fait face à la crise avec détermination, méthode et sens élevé de responsabilité », a-t-il affirmé, citant notamment la détection rapide, la surveillance, la quarantaine, la prise en charge des malades et le suivi des contacts.
Corneille Nangaa a également affirmé que « l’implication directe des communautés » avait contribué à limiter la progression de la maladie.
« Là où cette méthode a été appliquée, comme en Ouganda et en territoire libéré, Ebola a pu être repoussé », a-t-il ajouté.
Le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a ensuite directement mis en cause le gouvernement congolais, l’accusant de ne pas disposer du leadership nécessaire pour faire face à la crise.
« C’est précisément cette capacité d’anticipation, de coordination et d’action qui fait aujourd’hui défaut au régime de Kinshasa, dépourvu de leadership et d’aptitude à gouverner efficacement », a-t-il déclaré.
Il a également critiqué les priorités du pouvoir central, estimant qu’à Kinshasa, les autorités seraient davantage préoccupées par « les activités ludiques, les cérémonies et les voyages aussi coûteux qu’inutiles » que par l’urgence sanitaire.
« Un pouvoir impuissant »
selon Nangaa
« Face à la progression d’Ebola, Kinshasa donne le spectacle d’un pouvoir impuissant, indifférent et incapable d’apporter une réponse à la hauteur de la crise », a martelé Nangaa.
Il a estimé que la situation sanitaire révélait également, selon lui, « une crise plus profonde de gouvernance, de responsabilité et de légitimité ».
« Un pouvoir qui ne place pas la protection de la vie et la sécurité de sa population au premier rang de ses priorités manque à sa mission essentielle », a-t-il poursuivi.
Face à la progression de l’épidémie, le coordonnateur politique de l’AFC/M23 estime que la RDC est désormais confrontée à une urgence dépassant le cadre d’une crise sanitaire ordinaire.
« Nous ne sommes donc plus face à une menace sanitaire ordinaire. Le pays est confronté à une urgence nationale qui exige une mobilisation exceptionnelle de l’État, de nos communautés et de chacun d’entre nous », a-t-il déclaré.
« Face à Ebola, aucune considération politique ne doit prendre le pas sur la protection de la vie humaine », a conclu M. Nangaa.
L’épidémie de maladie à virus Ebola, dont la souche Bundibugyo est à l’origine de la flambée actuelle, touche plusieurs provinces congolaises.
Les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires internationaux ont intensifié les opérations de surveillance, de prise en charge, de vaccination et de suivi des contacts face à la progression des contaminations.
Selon le dernier bilan communiqué par les autorités sanitaires congolaises, l’épidémie a déjà fait plus de 5 000 cas confirmés et plus de 2 300 décès, faisant de cette flambée la plus meurtrière enregistrée en RDC.
Cette progression intervient alors que l’OMS appelle à une mobilisation accrue face à une situation sanitaire toujours jugée préoccupante.







